Présentation : Ne dis rien à Maman




Ce blog rassemble tout les chapitres existants de la fiction "Ne dis rien à Maman"

J'ai découvert cette fic sur le site http://nokaia.forumactif.fr

L'auteur : Undrockroll & Cynical_Terror

Titre original: "Don't Tell Mom"

J'ai crée ce blog pour toutes celles qui aimeraient pouvoir lire cette fiction en version française et sans avoir à s'inscrire sur le forum de Nokaia ...

L'auteur qui a traduit cette fiction sur Nokaia : BILL-LUV-TOM


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C'est une fiction YAOI sur Bill et Tom Kaulitz



Elle débute quand les jumeaux ont 6 ans et va jusqu'à leur adolescence,

Pour l'instant il y a 10 chapitres d'écrit ...

Tokio hotel est présent dans la fic !

Attention fic détaillée !! (les scènes de sexe sont très bien décrites!!)

Bonne lecture !!
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BILL-LUV-TOM a également un blog qui regroupe des histoires fictives sur Bill et Tom
Le blog est très bien fait les textes sont bien écrit et ...c'est du Twincest !!

noch-1000-meere-weit.skyrock.com





pix: ici
Présentation : Ne dis rien à Maman

# Posté le dimanche 17 février 2008 14:22

Modifié le lundi 18 février 2008 06:40

Chapitre 1

Chapitre 1


6 Ans

Tom prit la main tremblante de Bill dans la sienne et la serra. Bill se colla contre son frère et fixa le bas des escaliers avec de grands yeux, sans ciller. Son souffle se coupa.

Ils se disputaient à nouveau. Cette fois-ci semblait la pire de toutes car cette fois-ci, ce n'était pas bruyant.

"Shh," dit Tom doucement en pinçant le genou de Bill.

Bill secoua la tête et se pencha en avant, remontant ses pieds d'une marche pour que son estomac soit appuyé contre ses cuisses.

"Pourquoi est-ce qu'ils ne crient pas?" demanda Bill. Il remonta la manche de son t-shirt à son nez et renifla dedans. "Qu'est-ce qui se passe?"

"Rien," mentit Tom.

"Ok," dit Bill. "Rien."

Puis Tom étreignit Bill avec force, et ils sursautèrent tous les deux lorsqu'une porte claqua. "Tu vas réveiller les garçons!" dit Simone.

"Ne mêle pas les garçons à ça," répliqua leur père en criant. "Tu les mêles toujours à ça."

"Tu n'es jamais là!"

Bill enfouit son visage dans le cou de Tom. "Fais-les arrêter, fais-les arrêter."

Tom serra Bill encore plus fort, il ne savait pas comment arrêter ça. Il ferma les yeux et dit, "Ferme les yeux, comme Maman l'a dit. Plus de
monstres."

"Je les entends," chuchota Bill, les yeux toujours écarquillés.

"J'ai mes raisons pour ne pas être là, tu le sais," dit leur père sur un ton dur et sévère. "Je travaille de longues heures pour que toi tu ne sois pas obligée de le faire."

"J'élève nos enfants!" Simone leva les mains en l'air. "Je fais tellement plus que ce que tu ne crois, Jorg. Si tu prenais seulement la peine de me parler, ou même de me demander ce que je fais ou comment je vais."

"Je le ferais," répliqua-t-il froidement, "si tu arrêtais de me faire chier pour chaque petit détail, Simone. Bon Dieu."

"Quand as-tu arrêté?" La colère avait disparu de la voix de Simone. "Quand as-tu arrêté d'être là pour moi, pour les garçons?
Pour notre famille?"

Jorg demeura silencieux pendant quelques instants. "Je ne sais pas."

Simone laissa échapper un long soupir. "Je ne m'attendais pas à cette réponse."

Bill crispa ses orteils sur les marches et regardait, les yeux grands ouverts; les jambes de son père venaient d'apparaître dans leur champ de vision. Il avait ses chaussures, il était en train de mettre sa veste. Il avait un sac.

"Où il va Papa?" demanda Bill. Tom regardait aussi; il savait que leur père allait partir.

"Nulle part," dit Tom. Il serra Bill contre lui. "Personne ne s'en va."

"Quand vas-tu revenir cette fois, Jorg?" demanda Simone avec force.

Jorg balança son sac sur son épaule. Il ne vit pas ses enfants en haut des escaliers, le regardant, l'un reniflant, et l'autre le fixant d'un air haineux et serrant les poings.

"Cette fois je ne reviendrai pas," dit Jorg.

"Tu ne peux pas..."

"Tu vas voir."

Une porte claqua à nouveau et Bill se recroquevilla sur les genoux de Tom, le visage inondé de larmes. "Il est parti, il est parti, il est parti."

Tom caressa le dos de Bill, les poings toujours serrés. "Bill, Bill," dit Tom. "Il n'est pas parti."

"Si, il est parti."

"Il n'est pas parti," répéta Tom. Ils restèrent silencieux pendant quelques minutes, écoutant leur mère bouger en bas. Elle jurait doucement et manipulait tout avec violence. Bill se rapprocha de Tom, s'agrippant à son bras.

"Qu'est-ce qui va se passer maintenant?" demanda Bill. "Est-ce que tout va être différent?"

Bill pleurait à chaudes larmes dans le t-shirt de Tom. Tom essayait de rester calme, mais il se sentait en colère. "Ca va aller."

"Comment?"

Tom haussa les épaules. "Ca va aller, c'est tout."

"Papa me manque," dit Bill doucement.

"Tu ne devrais pas, nous on lui manque pas," dit Tom en rapprochant Bill de lui. "Oublie-le."

"Et si jamais Maman partait?"

"Elle ne le fera pas," dit Tom.

Bill fronça les sourcils et cessa de pleurer pendant un instant. "Et toi, tu vas partir?"

Tom serra la main de Bill si fort qu'il gémit. "Je ne te quitterai
jamais."

"Et si jamais tu pars par accident?" demanda Bill. Il essuya son nez sur l'épaule de Tom.

"Jamais de la vie," dit Tom encore. "Je t'aime plus que Papa. Je t'aime plus que Maman."

Bill sourit faiblement en pleurant toujours. Dans son esprit d'enfant de six ans, cela semblait normal. "Je t'aime aussi, Tomi."

Ils s'enlacèrent fermement, et c'est ainsi que Simone les découvrit des heures plus tard.

**

Une semaine plus tard, Simone entrait dans le salon avec un tas de linge, avec l'intention de le repasser, plier et le ranger. Elle soupira lourdement en frottant son front du revers de sa main. Elle était épuisée et semblait tellement plus âgée qu'une semaine auparavant. Être mère célibataire depuis plusieurs jours avait vraiment été un poids.

Elle posa le panier de linge sur le canapé et alluma la lampe. Elle ne s'attendait pas à voir les jumeaux par terre, assis l'un près de l'autre dans l'obscurité.

"Les garçons?" dit Simone.

"Coucou," dit Bill doucement. Simone vit que leurs doigts étaient fermement enlacés.

"Qu'est-ce que vous faites là?" demanda Simone lentement.

Bill se rapprocha encore plus de Tom, et Tom leva le menton et
regarda sa mère. "Rien."

"Vous ne voulez pas aller jouer dehors?" demanda-t-elle. Ils secouèrent tous les deux la tête. "Vous êtes restés enfermés tout le week-end."

"Je veux pas sortir," dit Bill. "On joue à l'intérieur."

Simone soupira profondément. Ses deux enfants, d'habitude si
turbulents, avaient été dociles et calmes depuis que leur père était
parti. Ce n'était pas la première fois qu'il partait, mais Simone avait
l'impression que même Bill et Tom savaient que cette fois-ci il était
parti pour de bon.

Jorg ne rentrerait plus.

"Et si vous regardiez un peu la télé?" Ils ne répondirent pas, se contentèrent de se coller un peu plus. Elle comprenait qu'ils étaient bouleversés et qu'il faudrait un peu de temps pour qu'ils se remettent de ce qui s'était passé. Elle n'était pas inquiète.

Elle continuait à se le répéter. Elle s'agenouilla et enlaça ses garçons. "Ok, mais on va bientôt dîner," dit-elle.

Avant de partir elle alluma la lumière. Bill cacha son petit visage dans le creux du cou de Tom et Tom le serra plus fort contre lui.

**

Quelques mois passèrent. Les choses s'étaient calmées et Tom et Bill avaient appris ce qu'était le divorce. Simone avait fait de son mieux pour garder les choses normales à la maison, elle avait essayé tellement fort de donner encore plus d'amour à ses garçons pour atténuer quelque peu la douleur causée par le départ de leur père.

Mais elle n'avait aucune raison de s'inquiéter. Il semblait que Bill et Tom remplissaient ce vide avec leur affection mutuelle. Simone les surprenait sans cesse blottis ensemble, enlacés, collés l'un à l'autre, pelotonnés ensemble. Ils n'allèrent nulle part séparément, et ils se tenaient toujours la main en marchant.

Simone trouvait cela mignon.

Un soir, Simone avait un rendez-vous avec un homme qu'elle avait rencontré à une exposition. Il s'appelait Gordon et elle se sentit à nouveau appréciée auprès de lui. Elle avait appelé une baby-sitter pour les jumeaux et se sentait excitée; elle n'avait pas eu une soirée à elle depuis plusieurs mois. Elle s'était pomponnée et s'était maquillée un peu plus que d'habitude, et avait mis des chaussures à talons. Au moment de partir, elle monta dans la chambre des jumeaux et eut le souffle coupé.

Bill pleurait sur son lit, et Tom le serrait fort dans ses bras.

"Qu'y a-t-il?" demanda Simone en se dirigeant immédiatement vers eux.

Bill secoua la tête et leva ses grands yeux mouillés. "Rien."

"Je prends soin de lui," dit Tom à leur mère.

"Mes chéris," dit Simone en soupirant légèrement, ne pensant plus à son rendez-vous. "Bill, qu'est-ce qui te rend triste?"

Tom serra Bill plus fort, presque possessivement.

"Où est-ce que tu vas?" demanda Bill en reniflant. "Quand est-ce que tu reviens?"

Simone s'assit sur le lit et voulut poser sa main sur le bras de Bill, mais Tom posa sa propre main dessus. Quelque chose se souleva dans son estomac, Tom lui lançait presque un regard mauvais.

"Je vais juste dîner avec un ami," dit Simone. Elle caressa les cheveux de Bill et Tom appuya son nez sur le dos de Bill. "Je reviens très vite. Je ne pars pas pour toujours, d'accord?"

"Je suis là Bill, ne t'inquiète pas," marmonna Tom contre le dos de son frère. Bill pleura encore un peu plus, son nez coula sur la manche de Tom.

"Les garçons, je ne vous quitte pas," dit-elle.

"C'est pas grave si tu le fais," dit Tom.

Bill renifla bruyamment.

Simone les attira tous les deux sur ses genoux, d'une façon un peu bizarre. Elle avait appris à tenir ses deux garçons ensemble depuis des années, mais maintenant on dirait que Tom avait appris à tenir Bill, et que rien ne pourrait l'en empêcher. Simone les embrassa tous les deux sur le front et soupira à nouveau, sa respiration soufflant légèrement sur leurs cheveux. "Vous savez," dit-elle. "Je suis vraiment contente que vous ayez l'un l'autre parce que je ne vais pas toujours être là."

"Où est-ce que tu-"

"Nulle part," dit Simone rapidement. Elle glissa une main le long de l'avant-bras tendu de Tom et l'ôta doucement de Bill. Bill lui lança un regard paniqué et Simone posa son autre main dans son dos. "Je veux que vous preniez soin l'un de l'autre, toujours, d'accord?"

"Je le fais déjà," dit Tom en bombant un peu le torse.

Simone sourit. "Je sais, Tom, et tu es un merveilleux grand frère."

Bill se mordit la lèvre et s'appuya contre Tom, en tremblant toujours légèrement. "Tu peux sortir avec ton ami, Maman. Tomi est avec moi."

Tom hocha la tête avec fermeté.

"Très bien," dit Simone doucement. "Je vous embrasse avant d'aller dormir, et demain quand vous vous réveillerez, il y aura des gaufres."

"Miam," dit Bill en souriant légèrement.

"Celles qu'on aime bien?" demanda Tom.

"Celles que vous préférez," répondit Simone. Elle les embrassa et se leva. "Je suis comment?"

"Tu est vraiment très jolie," dit Tom, et Bill hocha la tête en agrippant le bras de Tom.

Simone les regarda pendant un moment avant de sortir de la chambre. Bill avait à nouveau enfouit son visage dans l'épaule de Tom et Tom avait pris la place de Simone sur le lit. Il avait presque entraîné Bill sur ses genoux et ils étaient assis là, enlacés. Simone était certaine qu'ils n'avaient même pas vu qu'elle était toujours dans la pièce.

Elle hocha la tête et se tourna pour partir. Alors qu'elle descendait l'escalier, elle se demanda jusque quand ils resteraient si proches. Ils ne pouvaient pas rester ainsi pour toujours.

"Personne ne peut," pensa-t-elle avec tristesse.









8 Ans

"Quand?" demanda Bill avec impatience. "Quand, Tomi?"

Tom donna un coup contre l'épaule de Bill. "Bientôt. Maman va rentrer bientôt."

Les garçons, âgés de huit ans maintenant, étaient assis en haut des escaliers dans leur pyjama, et attendaient. Leur mère était sortie à sept heures et il était dix heures à présent. La baby-sitter était en bas en train de regarder un film que Bill et Tom n'étaient pas autorisés à voir.

Ils avaient été mis au lit, mais s'étaient rapidement faufilés jusqu'à l'escalier, leur endroit préféré pour s'asseoir et jouer. Bill tenait son chat en peluche dans sa main, un cadeau de leur père lorsqu'ils étaient tout petits. Tom avait reçu un chien en peluche mais il ne l'avait plus.

"Tu crois qu'elle va ramener des bonbons?" demanda Bill.

"Elle va en ramener," dit Tom d'un air assuré. Leur mère ramenait toujours des friandises ou des cadeaux après ses rendez-vous avec Gordon. Les garçons savaient qu'ils avaient des rendez-vous ensemble maintenant, même s'ils ne savaient pas trop ce qu'un rendez-vous voulait dire.

Simone avait amené Gordon à la maison il y a quelques mois et l'avait présenté aux garçons. Ils avaient dîné et regardé un film et bien que Gordon soit parti tout de suite après, il était revenu le lendemain pour le petit déjeuner.

Bill avait pensé que c'était un peu bizarre et Tom l'avait traité de "gros bêta" en lui disant que Gordon n'était probablement jamais vraiment parti. Et de toute façon, les garçons aimaient bien Gordon. Il souriait toujours et leur apportait des bonbons.

"Tu crois qu'il va rester dormir ici cette nuit?" chuchota Bill, et se pencha en avant.

"Je sais pas, peut-être," répondit Tom. "Il le fait souvent ces derniers temps."

Bill fit une grimace et tira sur le bas de son pantalon de pyjama. "Peut-être que cette fois-"

Il fut interrompu lorsque la porte en bas s'ouvrit, et les jumeaux virent des jambes et des pieds bouger. Bill reconnut ses talons de sa mère.

"Les voilà," dit Tom doucement.

Bill hocha la tête. Ils regardèrent en silence pendant que leur mère payait la baby-sitter et Gordon disparut pendant un instant. "Où est-ce qu'il est parti?" murmura Bill.

Tom secoua la tête. Quelques minutes plus tard, Gordon revint en rigolant.

"Simone, tu ne devineras jamais quelle chaîne était allumée lorsque je suis entré dans le salon," dit-il en gloussant. "On dirait qu'Elyse a oublié d'effacer les preuves cette fois."

"Oh mon dieu, elle regardait encore ces chaînes? J'oublie tout le temps de les supprimer," répliqua Simone en souriant. "N'empêche, elle est gentille avec les garçons."

Gordon sourit également. "Ca fait pas de mal, un peu d'érotisme le vendredi soir."

"Gordon," rit Simone, et les jumeaux regardèrent Gordon attirer leur mère dans une étreinte passionnée. "Tu veux rester ici cette nuit?"

"Je ne peux pas, chérie," dit Gordon en grimaçant. "J'ai un rendez-vous de bonne heure en ville demain matin."

Simone hocha la tête. "Alors, bonsoir."

"C'était une très bonne soirée," lui dit Gordon en caressant son visage. Bill se rapprocha de Tom et Tom tint la main de Bill. Gordon embrassa Simone, la penchant légèrement en arrière, et ils entendirent Simone pousser un soupir de contentement.

"Bonne nuit," dit Simone lorsqu'ils se séparèrent.

"Bonne nuit."

Bill et Tom se regardèrent. "Vite," chuchota Tom.

Ils coururent dans leur chambre avant d'être pris en flagrant délit en haut des escaliers. Bill grimpa sur son lit en gloussant, et remonta les couvertures sur sa tête. "Alors, bonsoir," dit Bill.

Tom rit et s'assit à côté de Bill sur le lit, et abaissa la couverture. "C'était une très bonne soirée," dit-il. Ils gloussèrent tous les deux et Bill remonta à nouveau la couverture sur sa tête. Tom lui donna un coup et essaya de l'abaisser. "Bill. Bill?"

Bill sortit sa tête. "Hein?"

Tom se pencha et, très doucement et maladroitement, embrassa Bill sur les lèvres. "Bonne nuit."

Les yeux de Bill s'agrandirent et il rougit. "Bonne nuit, Tomi." Bill se cacha à nouveau sous les draps et toucha ses lèvres en souriant.

**

Bill était couché dans son lit sans faire de bruit, écoutant la respiration régulière de son frère. Tom ne l'avait pas fait cette fois, il n'avait pas embrassé Bill pour lui souhaiter bonne nuit comme il le faisait depuis plusieurs mois. Bill était certain que Tom était fâché, même s'ils avaient passé une très bonne journée ensemble.

Tom émit un petit ronflement et Bill fit une grimace en se redressant. "Tomi," dit-il doucement.

Ils en avaient fait un jeu. Ils récitaient les phrases que leur mère et Gordon se disaient et qu'ils avaient entendues, et se donnaient des smacks pour s'amuser. Mais au fur et à mesure que le temps passait, la chose devenait plus douce et sérieuse. Bill commençait à penser à son bisou de bonne nuit tôt dans la journée, et Tom essayait de trouver de nouvelles façons de donner son bisou à Bill.

"Tom," répéta Bill, plus fort cette fois.

Tom se retourna et frotta ses yeux. "Hein?"

"Tu es fâché contre moi?" demanda Bill sans détours.

Tom bailla. "Hein?"

Bill rampa jusqu'à Tom, parcourant la petite distance qui séparait leurs lits, et lui donna un petit coup. "Tu es fâché?"

"Pourquoi?" C'était toujours très difficile de réveiller Tom; Bill le voyait s'endormir à nouveau. Il le tapa plus fort. "Aie! Quoi?"

"Tu ne m'as pas donné mon bisou de bonne nuit," chuchota Bill.

Tom se redressa légèrement. "Mais si je te l'ai donné."

"Nan," dit Bill. "Tu l'as pas fait. J'arrive pas à dormir."

"T'arrives pas?"

Bill secoua la tête en grimaçant. "Non. Mais je suis content que toi, t'arrives à dormir."

Tom esquissa un sourire. "Bill, viens ici."

"Je suis là," dit Bill, en faisant presque la moue.

"Plus près."

Bill se glissa dans le lit avec Tom et s'assit à côté de lui. Tom posa une main sur l'épaule de Bill et leva un sourcil. "Bonne nuit?" dit Bill d'un air hésitant.

"Bill," murmura Tom, glissant sa main vers la nuque de Bill. Il le rapprocha de lui et leurs lèvres se connectèrent. Bill avait un large sourire lorsqu'ils se séparèrent. "Merci. Je peux rester? J'ai peur."

Tom fit une grimace. "De quoi?"

"Des monstres," répondit Bill tout doucement. Tom se recula pour laisser un peu de place à Bill.

"Juste pour une fois," dit-il. "Je bouge beaucoup."

Bill rit. "Je sais."

Ils avaient déjà partagé le même lit, lorsqu'ils étaient plus jeunes, et Tom n'arrivait jamais à rester tranquille. Mais ce soir, par contre, Tom ne bougea pas du tout. Avec Bill qui l'enlaçait de tout son long, ils dormirent tous les deux profondément.

**

Ils étaient à nouveau là, assis en haut des escaliers, alors qu'ils devraient dormir depuis longtemps. Leur baby-sitter, Elyse, les avait mis au lit il y a une heure mais Bill et Tom s'étaient faufilés hors de leur chambre quelques instants plus tard.

"Je crois que j'entends des mots pas bien," dit Bill en fixant Tom. "Ils sonnent pas bien. Elle a mis la télé fort ce soir."

"J'ai envie de voir un de ces films," fut tout ce que Tom dit. Il tira sur les cheveux de Bill et Bill se rapprocha de Tom, posant sa tête sur son épaule.

"Fatigué," marmonna Bill en baillant. "Quand est-ce qu'ils reviennent?"

"Maman a dit qu'ils feraient une petite soirée." Tom serra la taille de Bill. "Ca veut peut-être dire qu'ils rentreront plus tôt que prévu ce soir."

"Elyse ne devrait pas regarder ça," dit Bill. Il fit une grimace lorsqu'ils entendirent des mots définitivement pas bien. "Je vais le dire à Maman."

"Ne dis rien, c'est stupide." Tom tapa l'épaule de Bill. "Je dirai à Maman que tu sors de ton lit tous les soirs."

"C'est pas vrai!"

"Si c'est vrai."

Bill rit doucement. "T'es bête."

"Peut-être," dit Tom. Il pinça la hanche de Bill et Bill couina. "Bébé."

Bill rigola, pas du tout blessé par les paroles moqueuses de son frère. Il aimait que Tom s'occupe de lui. "Je crois que j'ai entendu la voiture."

"Tu es sûr?"

La télévision en bas s'éteignit immédiatement. "Ouais, elle a éteint le truc pas bien, ils doivent être rentrés," dit Bill.

Bientôt, la porte s'ouvrit et des voix familières remplirent la maison. Bill et Tom regardèrent leurs pieds et puis descendirent quelques marches pour voir Elyse dire au revoir et partir.

Simone et Gordon s'embrassèrent, pas le genre de baiser que Bill et Tom voyaient en temps normal. Ce n'était pas un bisou de bonne nuit, ça c'était sûr. C'était plus long. Bill et Tom regardèrent très attentivement.

"Simone," dit Gordon d'un ton très sérieux. "Je..."

Simone l'embrassa à nouveau, ses mains dans ses cheveux, sur ses bras, partout.

"Est-ce qu'ils se disputent?" demanda Bill. Tom secoua la tête et fit signe à Bill de se taire.

"Putain, je suis amoureux de toi," souffla Gordon.

"Oh, Gordon," dit Simone. Ils s'enlacèrent avec force et Gordon commença à l'embrasser dans le cou, ses mains agrippant sa taille avec fermeté.

"Allons nous coucher," murmura Gordon.

Simone gloussa et rougit.

"Tu vois, ils ne se disputent pas, ils sourient," chuchota Tom.

"Je dois aller jeter un ½il chez les garçons," dit Simone, un peu essoufflée. Gordon reposa ses lèvres dans son cou et le suça avec passion. Simone faillit tomber sur le sol, mais Gordon la maintint.

"Ils vont très bien," dit-il entre deux baisers humides. "Viens te coucher, Simone."

"Gordon..."

"S'il te plait, Simone." Il caressa ses bras et elle fondit.

"D'accord, emmène-moi au lit."

Ils s'embrassèrent encore une fois et quittèrent la cuisine, main dans la main.

Bill et Tom se lancèrent un regard troublé. "Qu'est-ce qu'ils vont faire?" demanda Bill.

"Je pense qu'ils vont au lit," dit Tom.

"Ils n'avaient pas l'air fatigués." Bill se leva. "On devrait peut-être y aller aussi."

Tom hocha la tête. Il se leva et ils entrèrent dans leur chambre. Bill se tourna vers Tom avec espoir.

"Bonne nuit," dit Bill en souriant tendrement.

Tom secoua la tête. "Putain, je suis amoureux de toi," dit-il et posa une main sur sa bouche. "Bill..."

"Oh, Tomi," murmura Bill à travers ses doigts. Tom leva les yeux et saisit la main de Bill. Il se pencha en avant et embrassa Bill chastement sur les lèvres. "C'est pas comme ça qu'ils s'embrassent."

Tom l'ignora. "Ca veut dire quoi 'être amoureux'?"

Bill pencha la tête et fit une grimace. "Je sais pas. Mais tu as dit un vilain mot."

"Je sais." Tom fixa Bill. "Je suis amoureux de toi?"

"C'est plus joli." Bill sourit d'un air hésitant. "Tu l'es? Ca veut dire quoi?"

Tom haussa les épaules. "Je sais pas. Mais ça sonne vraiment sérieux."

"Peut-être."

"Je suis vraiment sérieux," dit Tom. "Je t'aime, sérieux."

"Moi aussi," dit Bill doucement. Quelque chose papillonnait dans son ventre. "Putain, je suis... amoureux de toi, Tomi."

Tom sourit. "Maman nous appelle par notre nom en entier lorsqu'elle est sérieuse."

"Tom Kaulitz." Ils gloussèrent. "Je ne vais pas t'emmener au lit puisqu'on y est déjà."

"D'accord," dit Tom en riant. Il embrassa Bill sur les lèvres, s'y attardant un peu plus longtemps que d'habitude. Lorsqu'ils se séparèrent, leurs joues étaient rougies.

"Bonne nuit," dit Bill.

"Bonne nuit, Bill Kaulitz," répliqua Tom en souriant. Ils se faufilèrent chacun dans leur lit et remontèrent les couvertures.

Simone se tenait derrière la porte, regardant en silence, couvrant sa bouche avec sa main.

# Posté le dimanche 17 février 2008 14:34

Modifié le dimanche 17 février 2008 15:34

Chapitre 2

Chapitre 2




8 Ans

"Je vous en prie, Madame Kaulitz, asseyez-vous," dit Madame Zumwald, l'enseignante des jumeaux, et s'assit à son bureau.

Simone frissonna lorsqu'elle entendit Madame Kaulitz, vu que le divorce avait été prononcé il y a plusieurs mois, mais elle ne dit rien. Elle en avait assez de devoir expliquer sa situation à tous les étrangers autour d'elle.

"Je suppose que vous vous demandez pourquoi je vous ai demandé de venir me voir aujourd'hui," dit Mme Zumwald.

"J'espère que ce n'est rien de grave," dit Simone en en tordant ses mains.

Mme Zumwald sourit. "Vous avez deux enfants très vifs et intelligents," lui assura-t-elle.

Simone poussa un soupir de soulagement. "Merci. Mais je suppose que vous avez autre chose à me dire?"

"Bill et Tom progressent très bien pour leur âge, en termes d'apprentissage. C'est le côté social qui me préoccupe quelque peu. Avez-vous remarqué qu'ils ont tendance à être un peu... accrochés l'un à l'autre?"

"Oui, ils sont très proches, ils l'ont toujours été," dit Simone. "Cela pose-t-il un problème?"

"Je pense que c'est merveilleux qu'ils soient si bien ensemble et qu'ils s'entendent," dit Mme Zumwald. "Mais ils ne communiquent pas avec les autres enfants. Et vous savez que les enfants peuvent parfois être cruels."

"Est-ce qu'ils embêtent les autres enfants?" demanda Simone. "Est-ce que c'est Tom?"

"Non, pas du tout. Ce sont les autres enfants justement. Ils ne comprennent pas très bien la relation spéciale des jumeaux."

"Spéciale? Je crois que je ne vous suis plus." Simone repensa à toutes les fois où elle avait surpris Bill et Tom assis ensemble dans le noir, et la fois où elle les avait surpris en train de s'embrasser avant d'aller au lit. Son estomac se retourna.

"Ils se tiennent la main, par exemple," dit Mme Zumwald. "C'est très normal, très mignon, vraiment. Mais les autres garçons de la classe..."

"Oh," dit Simone en clignant des yeux. "Je ne savais pas qu'ils attiraient l'attention à ce point."

"Oh non, ça perturbe à peine mes cours," dit Mme Zumwald. "Je m'inquiète surtout pour les sentiments et le bien-être de vos garçons. Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais..."

"Je suis contente que vous m'ayez appelée." Simone soupira légèrement. "Sans vouloir entrer dans les détails, je dirais que, eh bien, ça a posé quelques petits problèmes à la maison."

"Oh?"

Simone grimaça. "Le divorce a été dur pour eux, je n'ai jamais voulu interdire leur comportement."

"Moi non plus." L'enseignante se tut, et un silence gênant s'installa.

"Je leur parlerai," dit Simone, essayant de calmer ses nerfs. "Peut-être qu'ils pourront... euh... faire cela seulement à la maison."

Mme Zumwald hocha la tête. "Je ne veux pas qu'ils deviennent une cible facile pour les autres."

"Que font-ils d'autre, à part de se tenir la main?" demanda Simone.

"Eh bien," murmura Mme Zumwald en baissant le regard. "Je trouve que c'est plus la façon dont ils se regardent, comme s'ils n'existaient que l'un pour l'autre. Se tenir la main est la seule chose physique en fait."

Simone se sentit soulagée. "Je leur parlerai," répéta-t-elle.

"Très bien. Je pense que tout est dit, sauf si vous avez d'autres questions?"

"Non," dit Simone en secouant la tête, et se leva. "Je vous appellerai si je pense à quelque chose."

Elles se dirent au revoir et Simone partit, se sentant presque engourdie. Donc, ce n'était pas juste sa propre imagination. D'autres personnes l'avaient aussi remarqué.

Elle ne savait pas quoi faire ou quoi dire à ses garçons. Ils étaient juste tellement attachés l'un à l'autre, et elle ne pensait pas que c'était quelque chose de mal. Ce qu'ils avaient était beau.

C'était peut-être juste un peu étrange.

Elle devrait leur en parler plus tard.

**

"Bill, va mettre ton pyjama," dit Simone. Elle était assise sur le lit de Tom et l'aidait à coiffer ses dreads. Tom avait absolument voulu avoir des dreads depuis qu'il avait vu un des membres du groupe de Gordon avec la même coiffure. La première réaction de Simone avait été de dire non, mais Gordon et Tom l'avaient finalement convaincue.

Bill geignit en mettant son pantalon. "Maman, écoute-moi!"

"Une minute, Billou," dit-elle sur un ton affectueux.

Tom rit, mais pas méchamment. "Billou," se moqua-t-il.

Bill lui jeta un regard noir. "Tomi."

"Tiens-toi tranquille, Tom," dit Simone en passant ses doigts dans les cheveux courts et épais de Tom. Ils arrivaient à ses oreilles. "Bill, couche-toi."

"Je peux pas," dit Bill sur un ton pathétique. "Je suis même pas fatigué."

"Moi si," dit Tom. Il sursauta lorsque sa mère tira sur ses cheveux. "Maman!"

"C'est toi qui voulait des dreads," dit Simone avec précaution. Elle referma le pot de cire et le posa sur la table de nuit entre les lits des jumeaux. "Ok, c'est l'heure de se coucher."

"Tu nous mets au lit?" demanda Bill. "D'habitude tu ne le fais plus."

"Ce soir je le fais," dit Simone doucement. "Billou, viens ici. Viens t'asseoir sur le lit de Tom."

Bill bondit en avant et s'assit en tailleur sur le lit de Tom. Tom se bougea pour se rapprocher de Bill, mais Simone se posa entre eux.

"Les garçons," commença-t-elle nerveusement, "je veux vous parler de quelque chose."

Tom tira sur ses cheveux et bailla. "Quoi?"

"Est-ce qu'on a fait quelque chose de mal?" demanda Bill. Il se mit à mordiller sa lèvre, l'air inquiet. Simone secoua la tête et leur caressa le dos.

"Vous n'avez rien fait de mal," dit-elle doucement. "Je veux juste vous parler de la façon dont vous... dont vous vous aimez."

Bill et Tom affichaient un air confus.

"J'aime Bill," dit Tom en bombant un peu le torse.

"Bien sûr que tu l'aimes, mon c½ur," dit-elle. "Il n'y a pas de mal à aimer comme vous le faites. Je veux que vous le sachiez."

"Je suis amoureux de Tom," dit Bill, et regarda sa mère pour avoir son
approbation.

Simone haussa les sourcils et caressa la joue de Bill. "Non, Bill, tu ne l'es pas. Tu l'aimes, c'est tout."

"Je l'aime comme toi et Gordon vous vous aimez. Vous êtes amoureux," dit Bill, la tension montant légèrement dans sa voix. "N'est-ce pas?"

La bouche de Simone devint sèche; elle ne savait pas comment leur expliquer les différentes façons de s'aimer.

"Gordon et moi, nous nous aimons comme les garçons aiment les filles," dit-elle lentement. "Quand on aime quelqu'un avec qui on veut passer toute sa vie ensemble."

"Moi je veux passer toute ma vie avec Tom," dit Bill en faisant la moue.

"Oui, je sais," dit Simone. "Je veux dire, on s'aime comme deux personnes qui veulent se marier."

"Comme toi et Papa?" demanda Tom. Il fixait le sol, les sourcils levés.

"Oui," dit Simone.

"Alors pourquoi est-il parti, si vous vous aimiez?" demanda Bill.

"Chéri, c'est très compliqué," dit-elle. "Vous deux, vous ne vous quitterez jamais, n'est-ce pas?"

"Non," dit Tom, très sérieusement. "Je suis amoureux de Bill."

Simone soupira et secoua à nouveau la tête. "Vous êtes frères, des frères ne sont jamais amoureux l'un de l'autre."

"Pourquoi?" demanda Bill.

"Moi je le suis," dit Tom, l'air confus. "Je sais que je le suis, parce que c'est sérieux."

Simone caressa l'épaule de Tom. "Je sais que tu es sérieux, chéri. Je suis tellement contente que vous soyez ensemble, mais vous devez savoir que personne ne peut vraiment comprendre... je veux dire, et je ne veux pas que vous ne soyez plus ensemble. Je sais que les dernières années ont été difficiles."

"Tomi a pris soin de moi," dit Bill, l'air décontenancé. "Il ne devait pas?"

"Oh, Billou," dit Simone, le c½ur brisé. Elle l'enlaça et le serra tellement fort qu'il couina. "Je ne sais pas comment vous expliquer que ce que vous faites est mal."

"Mal?" répéta Tom. Il affichait une expression horrifiée.

Simone se mordit la lèvre. Elle n'avait pas voulu le dire ainsi, mais au fond, elle le pensait un peu. "Je ne sais pas vraiment quoi dire. Tu ne peux pas embrasser ton frère sur la bouche, Tom."

Les joues de Tom rougirent. "Quoi?"

"Tu ne peux pas embrasser Bill sur la bouche," dit Simone. Tom baissa la tête. "D'accord?"

"D'accord," marmonna Tom.

Bill fit la moue. "Pourquoi il ne peut pas?"

"Parce que des frères ne sont pas censés faire ça," dit-elle, essayant de donner une explication sensée. "Vous pouvez vous embrasser sur la joue, par contre. Il n'y a pas de mal à ça, les garçons. Et vous pouvez vous donner des câlins et vous donner la main."

"Sur la joue?" demanda Tom. Il ne voulait même pas regarder Simone.

"Oui, c'est une très gentille chose à faire," dit Simone. "Mais nous devons établir une règle, vous faites ces choses uniquement ici à la maison." Elle se sentit mal en leur disant cela, mal en voyant la culpabilité sur leurs visages.

"Je ne veux pas le faire si c'est mal," chuchota Bill. "Je ne veux pas que tu sois fâchée contre moi."

"Bill," dit Tom, l'air vexé.

Simone prit la main de Bill et la main de Tom, et les mit ensemble. "Ca va aller," dit-elle calmement. "Je ne veux pas que les gens vous regardent en pensant des choses bizarres. Personne en dehors de cette maison comprend. Vous devez savoir que les gens sont cruels et
Bill, Tom ne peut pas te protéger de tout."

"Si, je peux," dit Tom, le menton tremblant. Une larme tomba du coin de son ½il et Simone serra leurs mains encore plus fort ensemble.

"Ecoutez," leur dit Simone. "Ne cessez jamais de vous aimer, d'accord? Ayez toujours de l'affection l'un pour l'autre. Mais s'il vous plait, à partir de maintenant, faites-le seulement à la maison, et aussi," ajouta-t-elle avec un clin d'½il, "si vous avez envie de, euh, vous embrasser... faites-le sur la joue. Quand on est frères, on s'embrasse sur la joue."

Bill tremblait, ses yeux étaient grand ouverts et humides. "Maman, est-ce que tu es contrariée? Tu as l'air triste."

"Non," dit Simone. "C'est juste que je ne veux pas que les gens vous fassent du mal."

Tom ne répondit rien. Simone garda leur mains jointes et se leva, et les embrassa tous les deux sur la tête. "Bonne nuit, les garçons."

Bill hocha la tête et Tom murmura, "Nuit."

Lorsque Simone éteignit la lumière et ferma la porte, Bill et Tom restèrent assis en silence pendant quelques minutes.

"Bill."

"Ouais."

"Je pense que je suis toujours amoureux de toi."

Bill haussa un sourcil et rampa vers son propre lit. "Maman a dit que tu l'étais pas."

"Je sais. Mais je le suis." Tom se glissa sous les couvertures et fixa le plafond. "Je crois."

"Je ne veux pas que Maman soit fâchée," dit Bill.

"Elle n'est pas... obligée de le savoir," répliqua Tom. "Si elle ne le sait pas, elle ne peut pas se fâcher."

"Mais elle a dit que c'était mal."

Tom se leva et s'approcha de Bill. "Est-ce que tu écoutes toujours ce que dit Maman?"

Bill se tourna sur le côté, face à Tom. "Oui."

"Peut-être que tu ne devrais pas. Je veux te donner un bisou de bonne nuit. Je veux le faire, c'est tout." Tom se pencha pour poser un baiser sur les lèvres de Bill, mais ce dernier tourna la tête. Les lèvres de Tom effleurèrent la joue de Bill. "Bill?"

"C'est comme ça que les frères s'embrassent," dit Bill.

"Mais je veux t'embrasser comme Maman et Gordon s'embrassent," chuchota Tom. "C'est comme ça que je t'aime, Bill. Maman ne le sait pas."

"Elle sait toujours tout," dit Bill.

"Je prends soin de toi," dit Tom. "Toujours."

"Mais Maman..."

Les mains de Tom touchèrent la joue de Bill avec douceur, comme leur mère le faisait toujours. "Ne dis rien à Maman," dit Tom. "Ne dis rien à Maman, c'est tout."

Bill hocha la tête et se retourna vers Tom. Il leva sa main et caressa la joue de Tom avec ses doigts, tout en douceur, et Tom sourit. Il faisait noir, mais un rayon de lumière entra dans la pièce en dessous de la porte, et Bill pouvait voir les ombres sur le visage de Tom. Tom s'allongea à côté de Bill et frotta son nez contre le sien. Bill haleta doucement.

"Tomi," chuchota-t-il.

"Chut," lui dit Tom. Il embrassa les lèvres de Bill avec précaution, lentement, et puis se recula. "Bonne nuit."

Bill regarda Tom retourner dans son propre lit. "Tomi?" dit-il encore une fois.

"Ouais?"

"Reviens," dit Bill doucement. "Reste avec moi. J'ai peur."

"N'aie pas peur," dit Tom, mais il revint vers le lit de Bill et grimpa quand même dedans. "Je ne laisserai rien t'arriver."

Bill hocha la tête, et ils sourirent avant de se retourner et de s'endormir, dos à dos.

10 Ans

"Oh, regarde ça," dit Bill. Ses yeux s'agrandirent alors qu'il regardait l'écran de télévision. Il tira sur une des dreads qu'il était en train de coiffer et Tom grogna de douleur. "Pardon. Mais. Euh."

Ils veillaient tard, même si c'était un soir de semaine, et regardaient les chaînes que leur mère n'avait toujours pas bloquées. Mais ça n'avait pas d'importance, vu que leur mère et Gordon, à présent leur beau-père, étaient sortis dîner avec leurs voisins. Tom était assis par terre en tailleur, et Bill était assis au-dessus de lui sur le canapé, ses jambes pendant de part et d'autre de Tom.

"Waw, regarde comment ils s'embrassent," dit Tom. "J'ai hâte
d'embrasser une fille comme ça. Je n'ai jamais embrassé personne."

Bill tira exprès sur les cheveux de Tom.

"Aie!"

"Tu m'as déjà embrassé, idiot," dit Bill en souriant narquoisement. "Et on a que dix ans, alors tu ne devrais pas embrasser les filles de cette façon."

"C'est ce que Maman dit toujours," dit Tom. "Et puis, je ne t'embrasse pas comme ça. Je t'embrasse juste pour te dire bonne nuit." Il pointa un doigt vers la télévision où deux personnes à moitié nues s'embrassaient avidement. "Ca c'est vraiment s'embrasser. Regarde, avec la langue et tout."

"Ca a l'air dégueu," dit Bill. Il mit de la cire sur la dernière dread et puis posa le pot en tapotant la tête de Tom. "T'as pas envie de faire ça."

"Euh... si, vachement," dit Tom.

Bill continua à caresser les cheveux de Tom, posa ses pieds sur les épaules de Tom et enfonça ses orteils. "Pourquoi? Ca a l'air mouillé."

"Mouillé c'est bien," dit Tom en rigolant.

"Hmm..." Les mains de Bill caressèrent à présent la nuque de Tom, appuyant doucement. Tom gémit à ce toucher. Bill n'arrivait pas à être assis près de Tom sans le toucher, c'était impossible. Et Tom aimait ça.

"Fais-moi un massage," dit Tom.

"Tu as mal?" demanda Bill, l'air un peu inquiet. "C'est parce que je t'ai poussé hors du lit hier soir?" Tom et Bill avaient pris l'habitude de dormir ensemble la plupart des nuits, et alors que Tom était d'habitude le plus agité des deux pendant la nuit (Bill était plus agité pendant la journée), Bill n'avait pas réussi à dormir la nuit dernière. Il avait roulé et avait poussé Tom, qui était tombé sur ses fesses sur le sol.

"Peut-être," dit Tom. "Peut-être que je ne voudrais plus dormir avec toi et alors les monstres t'attraperont." Ils rigolèrent tous les deux.

"Tu dois dormir avec moi parce que tu m'aimes," dit Bill, soudain l'air sérieux. Tom se retourna et poussa les jambes de Bill.

"Je veux toujours dormir avec toi, je plaisantais," dit-il. Il saisit la main de Bill et la serra. "D'accord?"

Bill sourit. "Maman serait contente si tu plaisantais."

Tom leva les yeux au ciel. Il reporta son attention vers la télévision. Les mains de Bill s'activaient toujours sur sa nuque et ses épaules, et Tom sentit les jambes de Bill se rapprocher autour de lui. Tom se pencha en arrière, posant sa tête contre le ventre de Bill.

"Regarde ça," murmura Tom. "Ils ne s'arrêtent même pas pour respirer." Le couple qui s'embrassait à l'écran faisait papillonner l'estomac de Tom.

Bill leva la tête et regarda. "Je suppose qu'ils respirent l'un pour l'autre, peut-être."

Tom pinça la jambe de Bill. "Tu ne peux pas respirer pour quelqu'un d'autre, idiot."

"Hé," répliqua Bill. "Je disais ça comme ça."

Tom hocha la tête. Il grimpa sur le canapé, et lui et Bill se blottirent l'un contre l'autre. Tom prit la main de Bill et se mit à serrer chaque doigt et chaque articulation. Bill poussa un soupir de contentement et posa sa tête sur l'épaule de Tom.

"Peut-être qu'on pourrait essayer ça," dit Bill, très doucement. "Juste une fois, comme ça tu peux voir comment c'est."

Tom tourna son visage vers Bill, seulement quelques centimètres les séparaient. "Vraiment?"

Bill hocha la tête. "Ouais."

"Je ne sais pas si tu pourrais le faire comme ça," dit Tom en hochant la tête vers la télévision. "Ca a l'air plutôt bien."

"Je pourrais le faire mieux."

Tom haussa les sourcils. "Ouais?"

Bill sourit et se mit à genoux, et se positionna sur les genoux de Tom, une jambe de chaque côté. Tom le regarda avec de grands yeux et posa ses mains sur les hanches de Bill. "Tu vois?" chuchota Bill. "C'est pas si difficile."

"Tu n'as encore rien fait."

"Ok." Bill se pencha en avant et rit, et puis se recula. Tom prit le visage de Bill entre ses mains et écrasa douloureusement ses lèvres sur les siennes. Leurs nez se cognèrent et leurs dents aussi. "Aie!!" gémit Bill.

"Oh mon dieu, espèce d'idiot!" Tom lâcha Bill et posa ses mains sur son visage pour frotter ses lèvres et son nez. "Bill, c'était trop nul!!"

Bill fit une grimace en frottant ses lèvres, descendit des genoux de Tom et s'assit par terre. Il baissa la tête et remonta ses genoux. "Pardon."

Tom regretta immédiatement ses paroles. Il saisit la main de Bill avec fermeté. "Je suis désolé," dit-il. "Je suppose que c'était à moitié de ma faute."

"Tu ne m'as pas laissé le temps de..." Bill leva la tête, les joues rouges. "Tu ne m'as pas laissé le temps de le faire."

"Fais-le encore," dit Tom. "Je promets de rester tranquille et de te laisser faire."

Bill sourit légèrement. "Tu es sûr? C'était vraiment bizarre."

"Allez Bill," dit Tom sur un ton encourageant. Il caressa le visage de Bill, comme il le faisait toujours quand Bill était triste et pleurait, mais cette fois-ci, Bill en frissonna.

"D'accord," murmura Bill. Il rampa vers Tom et pressa leurs visages ensemble. "Ouvre la bouche, comme la fille."

"Suis pas une fille," dit Tom, mais il ouvrit quand même la bouche. Bill embrassa ses lèvres avec douceur, comme avant de se coucher, et puis fit sortir sa langue pour la faire entrer un peu dans la bouche de Tom. Les mains de Tom agrippèrent les épaules de Bill et le tirèrent en avant.

"Tom, t'es pas censé-"

Tom pressa sa langue avec insistance dans la bouche de Bill et ils gémirent tous les deux. C'était mouillé, maladroit, mais ils étaient hors d'haleine lorsqu'ils se séparèrent.

"Je veux... encore," dit Bill.

"Ouais?" Tom se pencha en avant et Bill hocha la tête. Leurs lèvres se connectèrent, avec plus d'envie cette fois, et Tom fit glisser ses mains jusqu'en bas du dos de Bill, juste au dessus de sa taille. Bill haleta et tomba en avant, ouvrant la bouche pour inviter la langue de Tom d'y entrer. Il ferma les yeux lorsqu'il se rappela que les gens à la télé le faisaient aussi, et il leva la tête pour que leurs lèvres s'alignèrent mieux. Tom lécha doucement l'intérieur de la bouche de Bill et Bill trembla, fronçant le nez et souriant.

"Tomi," chuchota Bill. "Comment tu sais qu'ils faisaient ça aussi?"

"Je sais pas, j'avais envie de le faire," répondit Tom doucement. "Encore?"

"Oui."

Bill se rapprocha encore plus, son torse tout contre celui de Tom, et Tom agrippa les cuisses de Bill. Ils n'avaient jamais été aussi proches et intimes et c'était à la fois exhilarant et terrifiant. Tom suça la langue de Bill dans sa bouche et Bill soupira, ses paupières clignotant rapidement. "Uh, Tom."

"Qu'est-ce qu'il y a?"

Bill sourit et enroula ses bras autour des épaules de Tom, enfouissant son visage dans le cou de Tom. "Ca," dit-il, "c'est comme ça qu'on devrait s'embrasser à partir de maintenant."

Tom se recula et prit le visage de Bill entre ses mains. "J'ai changé d'avis," dit-il calmement. "Seulement toi. Je ne veux embrasser personne d'autre comme ça. Juste toi."

"Bien." Bill afficha un large sourire et essuya sa bouche. "C'est un peu sale," dit-il. Tom rit et embrassa Bill à nouveau, mouillant les lèvres de Bill avec sa langue. "Ugh, t'es sale, Tomi." (j'ai traduit "messy" par sale, je n'ai rien trouvé de mieux :s... si qq a une proposition...)

Tom se retira et sourit en se léchant les lèvres. "J'aime bien quand c'est sale." Leurs mains se joignirent et ils restèrent assis en silence.

"Putain, j'adore t'embrasser," dit Bill.

"Et tu m'aimes toujours, putain?" demanda Tom.

Bill hocha la tête. "Putain, oui."

"Tant mieux, putain," dit Tom.

Bill rit. "Je veux continuer à regarder ce putain de film."

"Tu veux du putain de pop-corn?"

Ils se levèrent et cognèrent leurs épaules. "Après toi, putain."

"Putain de Bill."

"Putain de Tomi."

Ils s'arrêtèrent devant la porte de la cuisine et leurs lèvres se joignirent, mouillées et chaudes.

**

Bill soupira profondément. Il replia ses jambes plus près de son corps et profita de la chaleur à côté de lui. Il sentit des mains glisser le long de ses bras, essayant de le calmer. Bill se tourna, allongé sur le dos, et sourit à son frère.

"Tu bouges trop," chuchota Tom.

"Je suis pas fatigué," répliqua Bill, pressant leurs nez l'un contre l'autre. Il embrassa doucement les lèvres de Tom, léchant les contours de sa bouche. Ca faisait plus d'un mois qu'ils avaient commencé à s'embrasser autrement qu'avant, et ils dormaient presque toujours ensemble.

"Tu ferais mieux de d'être fatigué," dit Tom. "Je t'ai vu dormir en cours de Français."

"Il est trop nul ce cours."

Ils rigolèrent tous les deux. Tom enroula ses bras autour de la taille de Bill et appuya son visage contre l'épaule de Bill. "Ouais, il est nul ce cours."

Bill gigota encore, se tournant sur le côté, face à Tom. "Bisou de cinéma," dit-il.

Tom sourit et embrassa Bill fermement, lentement, caressant son dos. Bill couina sous l'emprise de Tom et sentit ses orteils se crisper.

"On devient vraiment doués," dit Bill en se lovant contre Tom. "Tu aimes?"

Tom pinça le bras de Bill. "A ton avis?"

"Je sais pas," dit Bill en souriant. Tom le pinça à nouveau et puis le poussa sur le dos. Il se pencha au-dessus de Bill et l'embrassa profondément. Ils adoraient ce jeu, il aimaient les sensations douces et chaudes dans leurs ventres. Ils étaient encore un peu trop jeunes pour comprendre ce qu'ils ressentaient, ce qu'ils faisaient.

Tout ce qu'ils savaient, c'est qu'ils aimaient ça et qu'ils ne pouvaient pas le dire à leur mère. Elle ne pouvait jamais savoir.

"Tomi," chuchota Bill, sentant Tom bouger contre son corps chaud. "Tom, arrête."

"Quoi?"

Bill leva le regard vers Tom, les yeux écarquillés. Il avait très chaud au ventre, et ses orteils se crispaient presque douloureusement à cause de cette délicieuse sensation. "Je sais pas." Il se glissa sur le côté. "Allonge-toi à côté de moi, juste là."

Tom se sentit confus et son propre estomac papillonnait, mais il s'abaissa et posa un bras sur la taille de Bill. "Ca c'était bizarre."

"Je crois que je suis fatigué maintenant," dit Bill avec un petit sourire, et entrelaça ses doigts avec ceux de Tom. "Mon ventre était tout bizarre à cause de toi."

"Je crois que c'est une bonne chose." Tom embrassa la mâchoire de Bill. "J'ai eu la même chose à cause de toi."

"On dirait que j'allais être malade."

"Dans le bon sens?"

"Je sais pas," dit Bill. "Y a tout qui picote."

Tom hocha la tête, repoussa ses cheveux hors de son visage et se rapprocha de Bill. "J'espère que ça ne t'a pas fait mal au moins."

Bill embrassa Tom et ferma les yeux. "Mm, nan. Ca m'a fait tout bizarre, c'est tout."

Tom sourit dans l'obscurité. "Assez bizarre pour partir?"

"Tu rigoles. Pas moyen. Jamais."

Tom se relaxa sur le matelas, laissant échapper un long soupir, essayant de calmer ses membres excités. "Bonne nuit, Bill."

"Bonne nuit."

12 Ans

Simone était en train de faire la vaisselle un après-midi, attendant que les jumeaux rentrent de l'école. Elle était tendue, et se concentrait sur l'eau chaude qui coulait sur les assiettes. Son esprit était troublé car elle devait parler aux garçons. Ca lui faisait de la peine parce qu'elle savait que n'importe quels garçons de douze ans seraient ravis à la perspective de ce qu'elle allait leur dire, mais Bill et Tom...

Elle repensa aux années qui venaient de s'écouler, les choses qu'elle avait vues par accident. Ce n'avait pas été entièrement alarmant, mais elle savait que quelque chose était étrange.

Ceci était la seule façon qu'elle avait trouvé pour les contrôler, contrôler ce qu'ils faisaient ou ne faisaient pas.

Comme sur un signal, la porte s'ouvrit et les garçons entrèrent en trombe, se tenant la main et cognant leurs épaules.

"Les garçons?"

Tom lâcha immédiatement la main de Bill et baissa le regard.

Simone leva un sourcil et coupa l'eau. "Asseyez-vous une minute."

Ils s'assirent tous les deux, l'air un peu morne, comme s'ils savaient ce qui allait se passer. "Je tenais juste sa main," dit Tom, sans regarder Simone. "Personne n'a vu."

Simone secoua la tête. "Ce n'est pas de ça que je voulais vous parler."

Tom semblait pousser un soupir de soulagement. "Quoi?"

Bill donna un coup de pied dans la chaise de Tom. "Ouais, on va avoir des problèmes?"

"Non, c'est une bonne nouvelle," dit-elle, s'efforçant de garder un ton positif. "Gordon et moi avons décidé que, vu que vous grandissez tellement vite, vous auriez peut-être besoin de votre espace personnel."

"Non," dit Tom immédiatement, avant même que Simone puisse continuer.

"Quoi?" demanda Bill. Il n'avait visiblement pas compris où Simone voulait en venir.

"Elle veut nous séparer," dit Tom. Bill saisit la main de Tom sur la table et fixa Simone durement.

"On pense simplement qu'il est temps pour vous d'avoir votre propre chambre, c'est tout," dit Simone. "Vous n'avez rien fait de mal."

"Je ne veux pas une chambre pour moi tout seul," dit Bill. "J'aurai peur."

"Tu es trop âgé pour avoir peur," dit Simone, glissant sa main sur la table pour serrer les mains de ses garçons. "Vous avez besoin de votre espace personnel."

"Je ne veux pas être loin de Bill," dit Tom avec véhémence. Il éloigna sa main de celle de Simone. Simone retira sa main, la regarda et sentit son c½ur se briser un peu. Tom lui lançait un regard mauvais, la regardant comme il regardait son père quand il venait à l'improviste pour les emmener au cinéma ou au restaurant.

"On est bien ensemble," dit Bill. Il n'y avait pas de colère dans sa voix contrairement à Tom, juste de la douceur et du calme.

Simone soupira. "Ce n'est pas votre décision, les garçons."

"Pourquoi?" dit Tom. "C'est notre chambre, c'est mon frère!"

"Ne me parle pas sur ce ton, Tom," le prévint Simone.

Tom se leva et sa chaise se renversa bruyamment. "Pourquoi est-ce que tu essaies toujours de nous séparer? Pourquoi est-ce que tu nous regardes toujours comme ça?"

Simone eut mal au c½ur pour Tom. "Tom, vous n'avez rien fait de mal."

"Alors pourquoi est-ce que tu nous obliges?" cria Tom. Il croisa les bras et refusa de la regarder.

"Vous avez douze ans et on a assez de place libre," fut tout ce que Simone put dire.

"C'est parce que je dors avec lui?" demanda Bill avec une petite voix. "Parce que je ne le ferai plus. C'est promis."

Simone ne voulait pas en parler. "Non, Bill, ce n'est pas à cause de ça."

"Parce que j'ai peur," dit Bill. "J'entends des bruits et je ne veux pas être seul. Parfois je crois que quelqu'un entre dans la maison. Parfois je crois que c'est Papa qui revient... pour nous emmener." Des larmes apparurent dans les yeux de Bill et Simone alla vers lui et l'enlaça du mieux qu'elle le put. Avec tristesse, elle se dit qu'elle ne le faisait pas aussi bien que Tom.

On aurait dit que Bill ne voulait plus être enlacé par elle, il avait changé.

"Ce soir," dit Simone doucement. "Ce soir Bill déménage dans la chambre d'amis. C'est juste en face de ta chambre, vous serez toujours proches."

Tom avait toujours un regard mauvais, et Bill se dégagea de l'étreinte de sa mère et alla s'asseoir près de Tom. "Maman," dit Bill. "Je veux pas faire ça."

"Gordon s'occupera des meubles, comme la commode et ton lit," continua Simone, faisant de son mieux pour ignorer les gémissements sourds de Bill. "Il y a des caisses en carton dans le garage dans lesquels tu pourras mettre tes affaires."

"Fait chier," dit Tom.

"Tom," prévint Simone. Elle soupira. "Billou, tu pourras décorer ta nouvelle chambre comme tu le voudras."

"Je le ferai jamais," arriva à dire Bill, pleurant légèrement. Lui et Tom se tenaient à nouveau la main. Simone ne l'avait même pas remarqué.

Simone secoua la tête et se leva. "Je vais vous laisser vous calmer. Et... essayez de voir ça comme une chose positive, parce que ça l'est. Tout le monde a besoin d'espace."

"Je veux l'espace de Tom," marmonna Bill.

"Tu l'auras, t'en fais pas," dit Tom calmement.

"Non," dit Simone avec force. "Ca ne peut plus continuer ainsi. Vous aurez chacun votre chambre, point final. Les cartons sont dans le garage. Vous devriez remplir l'un d'entre eux avec les vêtements et objets dont vous ne voulez plus, d'accord?"

"Est-ce qu'on doit mettre nos affaires dans des cartons séparés aussi?" demanda Tom. "Est-ce qu'on doit prendre le bus séparément pour aller à l'école? Est-ce qu'on doit s'asseoir à deux tables séparées pour manger?"

Simone en avait assez. "Tom Kaulitz, va dans ta chambre et commence à ranger, maintenant."

Tom tapa du pied, montrant bien son âge, en entraîna Bill avec lui vers les escaliers.

"Bill, reste ici," dit Simone sur un ton ferme. Bill regarda Tom et puis Simone, son visage empreint de confusion.

"Tu peux aller où tu veux," dit Tom. Il serra la main de Bill avec force.
"Bill," le prévint-elle. Elle perdait le contrôle et elle n'aimait pas ça.

A sa grande surprise, Bill secoua la tête, lui désobéit et courut vers les escaliers avec Tom. Elle s'assit à nouveau et mit sa tête entre ses mains.

Quand avait-elle perdu autant le contrôle?

Elle soupira profondément. Peut-être qu'elle n'avait jamais eu le
contrôle.

**

Bill entendit les escaliers grincer et se tendit. Il était allongé seul dans son lit dans sa nouvelle chambre. Il faisait si noir dans sa chambre, beaucoup plus que dans son ancienne chambre.

"Maman?" demanda-t-il en se mordant la lèvre. Personne ne répondit. Les escaliers grincèrent à nouveau. Il n'y arrivait pas.

Il sortit de son lit, se sentant un peu honteux, et se glissa vers la porte de la chambre de Tom. Il la fixa. Leur mère avait dit qu'ils ne pouvaient pas partager la même chambre, mais elle n'était pas là en ce moment.

Bill ouvrit la porte. "Tom?"

Tom se dressa dans son lit. "Bill?"

"Est-ce que je peux-"

"Bien sûr." Tom était déjà en train d'abaisser les couvertures et de faire de la place. "Je pensais que tu ne viendrais pas."

"Je n'arrivais pas à dormir," dit Bill. "Je ne peux pas rester, Tom."

"Tu dois rester," dit Tom doucement. "Allez, reste."

Bill secoua la tête, restant près de la porte. "T'as pas idée à quel point j'en ai envie."

"Maman et Gordon partagent la même chambre."

"Ils dorment dans le même lit," dit Bill lentement. "Et alors?"

Tom se pencha en avant, les draps retombant sur ses genoux. "Je t'aime, Bill, et tu dois rester ici avec moi."

Bill se mordit la lèvre. Il fit quelques pas en avant. "Je t'aime," chuchota-t-il.

Tom sourit. Il sentit son estomac bouillonner d'excitation. "Je veux te sentir."

"Quoi?" demanda Bill, choqué.

"Toi pas?"

"Ben, si," dit Bill, se sentant rougir. Il avançait doucement vers Tom, même s'il savait qu'il ne devrait pas. "Tellement que ça fait mal."

Tom prit la main de Bill et l'attira vers lui. "Viens."

"Maman a dit..."

"Elle n'a pas besoin de savoir," dit Tom doucement. "Elle ne doit jamais savoir."

"Elle va le découvrir et ça va devenir encore pire," répliqua Bill en grimaçant. Il s'assit sur le lit et se pencha vers son frère. "Je déteste ça."

"Reste, c'est tout," chuchota Tom, allongeant Bill à côté de lui. "Ca va aller, je suis avec toi."

"Promis?"

"Ouais."

Bill sourit et se pelotonna contre son frère, fermant les yeux. "J'ai peur," murmura-t-il. Et c'était vrai. Mais il n'avait plus peur des monstres sous son lit ou des trolls dans son armoire. Il était terrifié à l'idée que leur mère les surprenne. Et encore plus terrifié à l'idée d'être séparé de Tom.

Tom embrassa la nuque de Bill, sentant les muscles tendus. "Ca va aller," dit Tom à l'oreille de Bill. "Mais ne dis rien à Maman."








# Posté le dimanche 17 février 2008 15:21

Modifié le dimanche 17 février 2008 16:13

Chapitre 3

Chapitre 3



Tom se retourna, incapable de trouver le sommeil. Il était seul dans son lit, et il savait que c'était bête, mais il ne pouvait tout simplement pas dormir sans Bill. Il n'avait pas peur ou quoi que ce soit, il se sentait agité et troublé. En temps normal, Bill serait collé contre lui, soufflant dans son visage et ronflant.

Pourquoi est-ce que Bill n'était pas venu? Bill venait presque toujours, sauf quand leur mère agissait de nouveau de manière étrange. Certains jours, son visage affichait ce regard bizarre et Bill n'osait pas s'approcher de Tom. Mais leur mère n'avait pas été à la maison de toute la journée.

Tom fit une grimace et frappa son oreiller. Il avait besoin de Bill pour dormir.

Au moment où il se retournait encore pour essayer de s'endormir, la porte s'ouvrit avec un grincement. "Bill?"

"Tom?"

Tom sourit dans le noir. "T'étais où?"

"Euh." Tom entendit la porte se refermer, et puis le bruit de pieds se traînant sur le parquet. "Je sais pas par où passer, Tom, y a trop de bordel sur le sol."

Tom tint les couvertures en l'air et attendit que Bill se glisse dessous. "Viens."

Il entendit la respiration de Bill, il se tenait juste à côté du lit. "Désolé de ne pas être venu plus tôt."

"Est-ce que Maman est rentrée?"

"Non. Je pense pas." Bill s'assit avec précaution sur le lit à côté de Tom. "Tu es fâché?"

"Pourquoi?"

"Parce que j'ai mis autant de temps pour venir."

"Pas du tout," dit Tom. "C'est juste que... parfois tu viens tard. Pourquoi?"

Bill replia ses pieds sous lui sur le lit, sans se glisser sous les draps avec Tom. "Euh," dit Bill doucement. "C'est un peu bizarre."

"Bizarre comment?" Tom commençait à se sentir un peu mal à l'aise. Il n'aimait pas que Bill lui cache des choses. "Quoi, Bill?" Tom s'avança et posa une main sur la joue de Bill. Elle était brûlante.

"Je me sens bête en te disant cela," fut la réponse de Bill. Il appuya sa joue contre la main de Tom. "C'est juste que parfois je me sens... un peu bizarre."

Tom ne comprenait pas. "Mais, bizarre comment?"

"Genre, euh." Bill tourna le dos à Tom.

"Bill?" Tom caressa le dos de Bill et Bill frissonna.

"Ca," dit Bill, l'air un peu gêné. "Ce genre de choses. Ca me rend, euh... tout dur."

"Dur?" Tom repoussa les couvertures et s'agenouilla près de Bill.

"Mon..." Bill enfouit sa tête dans le cou de Tom. "En bas. Ca durcit. Tu comprends? Moi je comprends pas et puis j'ai l'impression que je vais faire quelque chose de mal. Quelque chose que Maman n'aimerait pas."

Tom sentit toutes ses paroles contre son cou et enroula ses bras autour de Bill. "Ta queue devient dure?" Il rigola doucement.

"C'est pas drôle," dit Bill en s'écartant.

"Non, non," dit Tom en agrippant les épaules de Bill. "Moi aussi. Ca m'arrive aussi. Tout le temps quand tu es près de moi."

"Et ça veut dire quoi?" demanda Bill. Il se rapprocha de Tom. "Ca arrive quand on s'embrasse et pendant la nuit. Et euh, même quand je pense à t'embrasser."

"C'est normal, je crois," dit Tom. "Ca arrive dans les films, et on s'aime, n'est-ce pas?"

Bill hocha la tête.

"Donc, c'est bien, alors." Tom en était sûr.

"Mais..." La voix de Bill s'estompa. "Parfois ça fait presque mal et je veux... le frotter contre toi quand on dort. Qu'est-ce que je dois faire?"

Tom sourit, son ventre commençait à éprouver des sensations agréables. "Je pense que c'est à moi de faire quelque chose."

Bill laissa échapper un long et chaud soupir et Tom le sentit contre sa peau. "Et si jamais... tu faisais quelque chose? Tu ferais quoi?"

"C'est dur en ce moment?"

"Ca commence."

Tom hocha la tête. "Le mien l'est depuis un moment."

Bill émit un petit gémissement et trembla légèrement contre Tom. "Montre-moi le tien, je veux voir le tien."

"D'accord."

"Je ne vois rien, il fait trop noir."

"Alors allume la lumière."

Bill se pencha et alluma la lampe de chevet à côté du lit. Une faible lumière les éclaira, et ils sourirent. Les joues de Bill étaient rosies, ses mains entortillées. "Vas-y," chuchota-t-il.

Tom n'eut aucun problème pour abaisser son pantalon de pyjama sur ses hanches et s'allonger, complètement exposé. Bill haleta et sa première réaction fut de tendre la main avec précaution. Ses doigts effleurèrent l'érection de Tom et ils gémirent tous les deux doucement.

"A toi maintenant," dit Tom en frémissant. Bill le frôla délicatement avec le dos de sa main.

"Je peux pas avec la lumière allumée."

"C'est pas juste, je veux te voir," dit Tom en levant les sourcils.

"Ok... mais..." Bill se mordit la lèvre. "Quand tu l'auras vu, on doit éteindre la lumière. Je préfère être avec toi quand les lumières sont éteintes."

Tom hocha la tête, et Bill se tortilla pour enlever son large pantalon de pyjama. Il rougissait violemment et ses mains tremblaient, mais il arriva enfin à abaisser son pantalon et le fit tomber par terre. Tom fixa l'excitation de Bill avec de grands yeux.

"J'adore," fut tout ce que Tom pensa à dire. Il rougit à ses propres paroles et toucha d'abord la cuisse de Bill. "J'adore ça."

Bill sourit. "J'adore le tien."

"Ils se ressemblent."

"Le tien est plus gros."

Tom rit. "Merci." Il glissa ses doigts sur la cuisse de Bill, et les posa à l'endroit où les cuisses de Bill touchaient ses hanches. "Qu'est-ce que tu veux faire?"

Bill avait toujours le regard fixé sur le sexe de Tom. "Je veux que tu fasses partir la douleur."

"Est-ce que je peux le faire avec la lumière allumée?" demanda Tom en souriant.

Bill se tortilla et couvrit son érection grandissante avec ses mains. "Tomi..."

"Oh, très bien," dit Tom d'un air froissé. Il se retourna pour éteindre la lampe, et l'obscurité envahit la chambre. Il allait se mettre à geindre lorsque Bill se jeta dans ses bras. "Umph."

"Est-ce que tu peux le caresser?" Bill avait l'air hors d'haleine, sa voix tremblait.

Tom caressa le dos de Bill. "Ouais, je peux." Il attira Bill encore plus contre lui, repoussant les draps à leurs pieds. La première fois que leurs hanches et jambes nues se touchèrent, ils poussèrent tous les deux un petit cri aigu.

"Ohhh," gémit Bill. "Qu'est-ce que tu vas faire?"

Tom fit ce qui lui parut naturel. Il fit rapidement rouler Bill sous lui. Bill haleta de surprise, mais il adorait la sensation de Tom qui se collait contre lui.

"On va faire l'amour," dit Tom. Il abaissa la tête et donna un baiser mouillé à Bill.

"L'amour?" demanda Bill sur un ton hésitant.

"Ouais, comme le sexe au cinéma," dit Tom. "Tu sais, pas pour de vrai mais..." Tom se frotta contre Bill, et leurs sexes se cognèrent avec force. "Putain."

"Oh mon dieu," gémit Bill. "C'est quoi du sexe de cinéma?"

"Tu sais que quand ils font l'amour dans les films, c'est pas pour de vrai," dit Tom en éloignant son corps de celui de Bill. Bill geignit et essaya de le ramener vers lui.

"Encore, Tomi, encore," dit-il. "Je veux que tu te frottes encore."

Tom se laissa retomber gentiment et glissa leurs corps l'un contre l'autre. "Han, Bill, tu deviens... humide."

Bill émit un son étranglé au fond de sa gorge. "Désolé, parfois ça arrive."

Tom rit doucement. "C'est parce que tu m'aimes bien?"

"Je sais pas..." Bill soupira profondément et replia les genoux. Il enroula ses jambes autour de la taille de Tom et sentit la fierté de Tom contre la sienne. "Pourquoi est-ce que... c'est tellement bon?"

Tom haussa les épaules et continua à frotter son sexe contre Bill. "Parce que c'est toi."

"Moi?"

"Bill," dit Tom, et il enveloppa la joue de son frère avec sa main.

"Ca ne peut pas être bien." Bill cambra le dos, et son sexe se frotta avec insistance contre celui de Tom. "C'est trop bon, ça doit être vraiment mal."

"Pourquoi?"

"Parce qu'à chaque fois que quelque chose est bon... surtout avec toi... c'est vraiment mal," répondit Bill doucement. Il serra Tom fort contre lui et prit une grande respiration. "Je ne veux pas que ce soit mal."

"Ne dis rien à personne, c'est tout," dit Tom aisément, souriant contre la peau de Bill. "Remonte un peu."

Bill se remonta, et ils gémirent tous les deux bruyamment. Bill étouffa son gémissement et couina. "Et si jamais Maman et Gordon sont à la maison?"

"Ils ne sont pas là."

"Tomi, touche-le. Ne t'arrête pas mais s'il te plait... touche-le. Touche le de partout, ça fait mal."

Le ventre de Tom bouillonnait, et il embrassa Bill tout en faisant glisser une main entre eux. "J'espère que ceci n'est pas mal," dit-il, et il enroula sa main autour de l'érection de Bill. Bill gémit immédiatement et Tom put sentir l'humidité au bout.

"Est-ce que, han, Maman serait vraiment fâchée?" haleta Bill.

Tom le caressa une fois, bougeant toujours contre lui. "Sais pas," dit Tom hors d'haleine. Le corps nu de Bill contre son sexe, c'était tellement bon. Il ne pouvait plus frotter son érection contre Bill, mais il adorait la sensation du ventre et de la hanche de Bill. La peau de Bill était tellement douce et chaude, il n'arrivait pas à rester tranquille. Parfois la nuit, il se frottait contre son matelas jusqu'à ce qu'il n'en pouvait plus, mais ceci était cent fois meilleur.

Bill se tortillait sous lui, secouant la tête d'avant en arrière. "Maman déteste quand on s'embrasse," dit Bill péniblement. "Elle n'aimerait, han, pas ceci. Tomi, mm."

Tom ne l'écoutait plus. Il s'en fichait si leur mère savait, elle ne les comprenait pas. Elle ne savait pas ce que Tom ressentait, ce que Bill ressentait. Elle ne comprenait pas qu'ils étaient amoureux. Elle ne le croirait même pas.

"Chut," dit Tom à l'oreille de Bill. "Elle ne le saura jamais." Il embrassa le lobe de son oreille et puis s'arrêta. "J'veux dire, tu veux que j'arrête?"

Bill se sentit paniqué pendant un moment. Il attrapa Tom et le rapprocha de lui, posant ses mains à plat sur le dos de Tom. "Tomi, non. Non. Je m'en fiche aussi. Je t'aime, je m'en fiche. J'ai tellement besoin de toi. Je peux pas arrêter, même si toi tu le peux."

Ils bougèrent ensemble brutalement. "Bill, t'es vraiment un idiot," haleta Tom. "Evidemment que je ne peux pas m'arrêter."

"Je suis tout humide," répliqua Bill, et un sourire apparut sur son visage. "Tu m'as rendu tout humide et je crois que ton humidité est sur moi, aussi."

"Je vais exploser," dit Tom. Il lécha les lèvres de Bill et Bill cria, son corps devint rigide et il jouit sur le corps de Tom. Tom regarda son frère avec de grands yeux et se recula. "Merde, merde, ça va?"

"Je l'ai fait sur toi, excuse-moi," chuchota Bill, relâchant ses muscles. Il tremblait sous Tom. "T'arrête pas, t'arrête pas."

"Tu es sûr?"

"Je veux que tu fasses ça sur moi, tu le peux?"

Tom glissa sa main autour de l'humidité entre eux et se cambra en avant contre Bill. "Ouais, han, bientôt," grogna-t-il, enfouissant son visage dans le cou de Bill.

"Tu es tellement chaud," dit Bill doucement, caressant le dos de Tom avec ses doigts. "C'est tellement bon, le sexe de cinéma."

"Mm," murmura Tom. Il sentit la main de Bill s'enrouler autour de son sexe et il gémit, mordant presque le cou de Bill. Bill serra l'érection de Tom et lui fit presque mal, il serrait tellement fort. "Aie."

"Pardon," dit Bill, glissant sa main de haut en bas sur le sexe de Tom.
Il pinça le bout humide et Tom haleta bruyamment. "Oh mon dieu."

Bill sentit Tom se cambrer contre lui et puis, une explosion mouillée entre eux. Tom et Bill se regardèrent, muets. Tom finit par embrasser Bill, il l'embrassa du mieux qu'il le put. Il lécha les lèvres de Bill, fit glisser sa langue dans sa bouche, et caressa ses dents, comme Bill l'aimait. Lorsqu'il se retira ils étaient encore plus haletants.

"Tom, je t'aime," dit Bill, en glissant ses doigts sur l'humidité entre leurs corps. "Tu me rends tout... bizarre."

"Excité," corrigea Tom.

Bill rigola. "Ouais, c'est ça. Est-ce qu'on peut faire ça plus souvent?"

Tom donna une petite tape sur l'estomac mouillé de Bill. "Maintenant?"

Bill rougit et gloussa. "Ben... je voulais dire, tu sais, une autre fois. Mais..."

Tom se pressa contre Bill, sentant l'excitation monter à nouveau. "Tu me rends à nouveau tout dur, Bill."

Les yeux de Bill s'écarquillèrent et il se cambra, se frottant à Tom tel un félin. "Est-ce que ceci te rends dur?" Il toucha le bout du sexe durcissant de Tom.

Tom haleta. "C'est un bon endroit."

"C'est tellement humide." Ce fut un murmure contre les lèvres de Tom. "Tom, tu m'aimes toujours?"

Tom embrassa Bill. "Je t'aime encore plus."

"Comment?"

"Quand tu me touches," dit Tom, ne comprenant pas vraiment ce qu'il ressentait. Jouir avec Bill avait fait disparaître la douleur à son entrejambe, mais avait augmenté la douleur dans son c½ur. Il savait que ça voulait dire qu'il aimait Bill, mais ce qu'il ne comprenait pas, c'est pourquoi ça faisait mal.

"Tom," dit Bill, sortant Tom de ses pensées.

"Hmm?"

Bill leva les hanches, son sexe était dur contre le ventre de Tom. "Moi aussi."

Tom sourit, la douleur et le mal en valaient la peine, tant qu'il avait Bill.

**

Bill était allongé sur son ventre par terre dans le salon une semaine plus tard, s'embrouillant dans ses devoirs de Français. Il avait du retard à rattraper depuis qu'ils étaient de plus en plus absents ces derniers temps. Des producteurs importants avaient vu leur groupe, et Bill et Tom avaient passé beaucoup de temps en ville avec les autres membres de leur groupe, Georg et Gustav. Cet après-midi, tout le groupe était réuni dans sa maison. Ils s'étaient rassemblés pour discuter de leurs progrès.

"Je pense qu'on devrait changer le nom du groupe," dit Georg en avalant une poignée de chips que Simone avait acheté pour les garçons. "Devilish c'est pas mal, mais..."

"Je suis d'accord," dit Tom. Il s'assit par terre à côté de Bill et ouvrit une canette de soda. Bill sourit vers son frère et voulut saisir la canette. "Bill, non."

Bill soupira et retourna à son devoir. "Bordel, j'ai fait ton devoir de Français, tu pourrais au moins me faire plaisir."

"J'vais te faire plaisir, tu vas voir," dit Tom doucement.

(en anglais :
Tom : "I'll give you something French" > jeu de mots avec french kiss, le baiser avec la langue ^^)

Bill couina et abaissa la tête.

"Si on laisse tomber Devilish, on prends quoi alors?" dit Gustav, leur batteur. "D'ailleurs, j'ai toujours détesté ce nom."

"Je déteste ton nom," plaisanta Georg. "Et si on s'appelait... Grease Mothers?" (ndT : j'ai pas traduit)

Ils le fixèrent tous.

Georg haussa les épaules. "C'est parce que personne ne propose rien."

"J'écris les chansons, c'est pas à moi de trouver un nom," annonça Bill.

"Tu finiras par en trouver un de toute façon," lui dit Tom en souriant.

Bill lui tira la langue et il se roula sur ses genoux.

"Donne-moi ton soda," geignit Bill. Tom rit et tenta de repousser Bill. "J'ai pas de microbes."

"On dirait pourtant que tu en as," dit Georg en riant.

Bill fit la moue et Tom repoussa ses cheveux en bataille de son front. "J'aime pas quand on boit à ma canette," dit Tom. Bill soupira et s'éloigna de Tom.

"Très bieeeen." Bill se leva et se mordit la lèvre. "Et pourquoi pas... 'Bill'."

"Pour quoi?" Gustav. "Tu veux dire comme nouveau nom pour le groupe?"

Bill sourit narquoisement. "Ouais, c'est quand même moi qui fait tout."

Gustav poussa Bill. "C'est moi qui tient le rythme, on n'a qu'à s'appeler 'Gustav'."

"'Georg; et les deux autres mecs," suggéra Georg en levant son verre de soda.

"Hé, il y a trois autres mecs," dit Tom.

"Bill n'est pas un mec," répliqua Georg.

Bill croisa les bras et tira la langue à Georg. "Connard."

"Pas de gros mots, les garçons," dit Simone en entrant dans la pièce avec un sourire amusé. "Georg, ta mère est là pour vous prendre toi et Gustav."

"Ugh, vous devez déjà partir?" dit Tom. "On a rien pu faire. Ils pourraient passer la nuit ici."

"C'est un soir de semaine," dit Simone fermement.

"M'maan," dirent Bill et Tom à l'unisson.

"Merci, Madame T," dit Georg à Simone pendant que lui et Gustav se levaient. Ils se dirigèrent vers la porte.

"Bonne nuit, les enfants," dit Gustav aux jumeaux.

"Vas te faire foutre," dit Tom sur un ton bon enfant.

"Tom!" gronda Simone en levant les yeux. "Dis bonjour à ta mère de ma part," dit-elle à Georg. Ils se dirent tous au revoir, et Simone revint dans la cuisine, laissant les jumeaux dans le salon.

"Ca c'était nul," dit Bill en refermant son livre de Français. "On a vraiment rien fichu."

Tom haussa les épaules et s'allongea sur le dos pour fixer le plafond. "On ne fiche jamais rien."

"Peut-être aux prochaines répétitions des Grease Mothers."

Ils rigolèrent tous les deux. Tom toucha le visage de Bill et sourit. "Je suis content qu'on ne soit plus que tous les deux," chuchota-t-il.

Bill hocha la tête et s'appuya sur ses coudes. "Andreas voulait passer ce soir. Je pourrais l'appeler pour annuler."

"C'est un soir de semaine," dit Tom sur un ton moqueur, levant les yeux comme leur mère le faisait. "Ouais, on le verra plus tard."

"A l'école demain."

"L'école," répéta Tom en grimaçant. "J'en ai tellement fini avec
l'école."

"L'école en a fini avec toi." Bill sourit. "Et moi."

"On est trop grands pour l'école," dit Tom en mettant ses mains derrière sa tête. "On est devenus trop grands pour cet endroit."

"Et moi je suis devenu plus grand que toi."

Tom tourna la tête et regarda Bill en plissant les yeux. "Nan-nan. Tu te tiens plus droit, c'est tout."

Bill se leva et tira le bras de Tom pour qu'il se lève aussi. "Mets-toi à côté de moi. Je suis plus grand que toi, j'en suis sûr."

"C'est bête," grogna Tom. Bill était effectivement plus grand, et il ne voulait pas l'admettre. "Ok, t'as gagné. T'es content?"

"Non," dit Bill calmement. "Parce que... regarde." Il pointa vers le bas, vers son entrejambe. Une bosse était en train de s'y former.

"Depuis quand tu es..." La voix de Tom s'effaça, il le fixait. Il se sentit immédiatement durcir aussi. "Oh, bordel."

Bill saisit la main de Tom et la serra. "J'aimerais qu'il soit déjà tard," dit-il, les yeux brillants.

Tom hocha la tête, il avait la bouche grande ouverte. "Ouais?"

"J'ai envie de le lécher", chuchota Bill. Leurs ventres se nouèrent d'excitation. "Tu veux que je lèche le tien?"

"Tu le ferais?" Tom n'avait jamais imaginé la bouche de Bill sur son sexe, mais en ce moment, cela lui semblait la meilleure idée au monde.

"Ouais."

"Merde."

Bill haussa les sourcils et s'avança vers Tom.

Dans la cuisine, Simone nettoyait le comptoir. Elle était au téléphone avec Gordon.

"Oui," dit-elle, en coinçant le téléphone entre son épaule et son oreille. "Mais tu seras bientôt rentré, n'est-ce pas?... D'accord... Je vais préparer un petit quelque chose pour les garçons maintenant, et je te ferai quelque chose quand tu rentreras... D'accord... Je t'aime, au revoir."

Elle raccrocha et posa son torchon. Elle devrait demander aux garçons ce qu'ils voulaient manger parce que Bill était franchement difficile.

Peut-être qu'ils se contenteraient des restes des lasagnes. En pensant à cela, elle entra dans le salon, en espérant que ses fils ne seraient pas trop difficiles. Elle était épuisée.

"Les garçons..." Elle eut l'impression d'avoir été frappée à l'estomac.
Tom tenait Bill contre le mur près de la télévision, maintenant les mains de Bill avec fermeté. Leurs lèvres étaient connectées, et pas de la manière douce et chaste qu'elle avait déjà vue. Tom appuyait ses lèvres avec avidité sur celles de Bill, ouvrant la bouche de son frère avec des coups de langue profonds et affamés. Et Bill ne se débattait pas pour échapper à Tom, ses yeux étaient clos et il émettait des petits bruits doux et satisfaits à chaque baiser mouillé.

Simone se sentit malade. Elle recula hors de la pièce aussi vite qu'elle le put, et s'appuya lourdement sur le comptoir. Que venait-elle de voir?

"Oh mon dieu," chuchota-t-elle. "Comment tout ceci est-il arrivé?"

Dans le salon, Bill s'éloigna de Tom, souriant et hors d'haleine. "Tomi," chuchota-t-il. "Ca c'était pas bien."

"C'était pas bien?" demanda Tom, se sentant insulté.

"Non, je voulais dire... On ne devrait pas faire ça ici," répondit Bill en riant. "Et j'ai bien failli te manger, j'ai vraiment faim."

Tom sourit et mordit affectueusement l'épaule de Bill. Bill couina et tenta de s'échapper avec un sourire satisfait. "Je t'ai eu," dit Tom sur un ton timide.

Bill poussa l'épaule de Tom. "Je vais voir ce qu'on mange pour le dîner."

"Je dois... aller à la salle de bains," marmonna Tom en s'éloignant.

"Perdant," dit Bill, et aperçut sa propre érection. "Merde." Il entra dans la cuisine et vit sa mère. Elle était assise à table, et elle avait l'air complètement maussade. "Maman?"

Simone leva la tête, et fut choquée de voir Bill. "Oh, Bill."

Bill se mordit la lèvre, quelque chose n'allait pas. "Je vais avoir des ennuis? Je vais appeler Andreas pour lui dire de ne pas venir, t'inquiète pas."

"Viens t'asseoir."

"D'accord," dit Bill nerveusement. Il s'assit à la table, en face de sa mère. "Qu'est-ce qui se passe?"

Simone soupira, se tordant les mains d'inquiétude. Elle observa Bill, son visage était encore rouge, et ses lèvres étaient rougies et humides. "Bill... est-ce que toi et Tom vous vous entendez bien? Est-ce qu'il est gentil avec toi? Il te traite bien?"

Bill hocha lentement la tête. "Bien sûr que oui... Pourquoi ne le ferait-il
pas?"

"Bill."

"On s'entend très bien."

"Bill, dis-moi la vérité," dit Simone sur un ton ferme. "Est-ce que Tom te fait... faire des choses? Est-ce qu'il te touche à des endroits où tu ne veux pas?"

"Quoi?" L'estomac de Bill se retourna. "Pourquoi dis-tu... Quoi??"

"Calme-toi, chéri," dit Simone doucement. "Je dois juste savoir ce qui
se passe."

"Il n'y a rien," dit Bill rapidement. "Rien."

Simone soupira. On aurait dit que Bill allait se mettre à pleurer.

Simone posa une main sur son épaule mais il la repoussa. "D'accord, Bill," dit-elle. "Je vais réchauffer les lasagnes pour le dîner, ça te va?"

Bill hocha la tête d'un air absent et se leva. "Je vais faire mes devoirs," dit-il. Sans attendre la réponse de sa mère, il sortit de la cuisine, la tête baissée.

Tom frappa à la porte de la chambre de Bill. Il se sentit idiot en le faisant, mais il le fit néanmoins. Bill avait été étrangement silencieux pendant toute la soirée; il n'avait même pas regardé Tom pendant le dîner. Et leur mère avait eu le même comportement. Elle avait disparu pendant le repas et avait même un comportement étrange envers Gordon lorsque celui-ci rentra.

Il devait savoir ce qui se passait.

"Quoi?" appela Bill, sa voix étouffée à travers la porte fermée.

Tom entrouvrit la porte et vit Bill roulé un boule sur son lit. "Bill? Ca va?" Bill ne répondit pas et Tom s'approcha. "Tu es fâché contre moi?"

"Non," dit Bill. "C'est juste..."

Simone passa la tête par la porte, l'air tendue. "Tom, tu es prêt à aller au lit?"

Bill roula sur lui-même, s'éloignant de Tom et de sa mère. "Euh, oui je crois," dit-il.

"Il faut que je te parle une minute, seul à seul," dit-elle. Tom grimaça, qu'avait-il fait encore?

"Très bien," dit-il, et suivit sa mère en sortant de la chambre. "Bonne nuit, Bill." Une fois dans la chambre de Tom, Simone ferma la porte et s'assit sur le lit de Tom. Tom s'assit à côté d'elle d'un air
gêné. "Maman?"

"Tom." Elle tordait ses mains ensemble, sans regarder Tom. "Je t'ai vu embrasser Bill aujourd'hui."

Tom eut l'impression d'avoir reçu un coup dans le visage. Il fixa le sol. "Et alors?"

"Et alors?" Simone avait l'air en colère à présent. "Tu sais que tu n'es pas censé faire cela. Tu le sais." En réponse, Tom grogna. "Qu'as-tu fait d'autre? J'ai besoin de savoir."

"Euh."

"Est-ce que tu le forces à le faire?" Simone l'agrippa avec violence, le secouant presque. "Tom?"

"Bien sûr que non," dit Tom, les larmes lui montant aux yeux. "De quoi est-ce que tu parles?"

"Tom, pourquoi?"

"C'était stupide," dit Tom, en essayant de masquer l'émotion dans sa voix. "C'était un défi stupide."

Simone secoua la tête. "Un défi? Tom, dis-moi la vérité."

"C'est la vérité! C'était un défi idiot que Georg m'a forcé à faire," mentit Tom. "Il m'a défié d'embrasser quelqu'un, et euh, j'étais trop gêné, alors j'ai demandé à Bill. Je sais que c'était stupide. Je suis désolé."

"Alors, d'après toi c'est tout?" Simone n'avait pas l'air convaincue. "Vous ne dormez jamais ensemble ou quoi que ce soit? C'est tout?"

"Oui, c'est arrivé qu'une fois," dit Tom. "Je ne... nous ne..." Il essuya ses yeux. "Crois-moi s'il te plait."

Le visage de Simone se radoucit et elle attira Tom contre elle. "Tom, je m'inquiète tellement pour vous deux."

"Il faut pas, on va très bien," dit Tom. "Je ne le ferai plus jamais."

"Parce que tu sais que c'est mal, Tom. N'est-ce pas?"

Le c½ur de Tom se brisa. "Oui, je sais. Jamais je ne..."

"C'est vraiment très mal," dit Simone. "C'est ton frère."

"Je sais, je sais," dit Tom. Il se mit à renifler légèrement.

"Ne pleure pas," dit Simone en serrant Tom contre elle. "Je ne suis pas en colère contre toi. Tu le sais."

"Non."

Simone était perdue. Elle étreignit Tom plus fort. Normalement, Tom n'acceptait pas facilement son affection. "Tom, ça va aller. Tu sais que je suis heureuse que vous soyez si proches. Mais tu dois juste te rendre compte de quel genre d'amour il s'agit."

"Ce n'est rien," dit Tom. "Et ça n'arrivera plus, Maman. Je te le promets."

"Tu peux le promettre?"

"Oui," dit Tom doucement. "Je le peux."

"Je t'aime," murmura Simone, et embrassa Tom sur le front. "Je veux juste... te protéger."

"Je sais."

Simone attendit de voir si Tom lui donnerait un peu d'affection en retour, mais il se contenta de fixer le sol d'un regard vide. Simone soupira, se leva et sortit de la pièce. Elle jeta un coup d'½il vers la porte de Bill. Elle était complètement fermée.

Elle descendit l'escalier et essaya de ne pas penser aux jumeaux. Mais elle savait qu'elle était incapable de ne pas penser à eux, et elle savait qu'elle ne pourrait même pas le dire à Gordon, jamais.

Personne ne pouvait savoir.

**

Quelques heures plus tard, Bill s'aventura hors de sa chambre. Il était resté dans le noir, en attendant avec impatience le bon moment pour aller voir Tom. Il fallait qu'il le voie. Il traversa le couloir à pieds nus, marchant sur son pantalon de pyjama.

"Tom?" chuchota-t-il lorsqu'il arriva devant la porte de son frère. Il se souvenait du temps où c'était aussi sa porte à lui. Il ouvrit la porte et entra sa tête. "Tom?"

Tom était roulé en boule sur son lit, tournant le dos à Bill. "Quoi."

Bill haussa les sourcils; Tom n'était jamais aussi distant d'habitude. Il s'approcha du lit et grimpa dessus, à côté de Tom, sous les couvertures. Tom se crispa, et Bill toucha doucement son épaule. "Tom."

Tom se roula encore plus sur lui, rentrant ses épaules.

"Tomi," dit Bill. "Qu'est-ce que Maman t'a dit? Elle t'a demandé aussi?"

Tom se tourna et regarda Bill. "Elle ne veut pas que nous soyons ensemble, Bill. Je ne sais pas quoi faire."

Les yeux de Bill s'adaptèrent à l'obscurité, et il vit que les joues de Tom étaient mouillées de larmes, et ses yeux étaient gonflés. "Quoi d'autre?" chuchota Bill.

"Je crois qu'elle sait," dit Tom tristement. "Elle a dit que c'était mal."

Bill resta silencieux pendant un moment, sa main reposant sur l'épaule de Tom. "Est-ce que ça l'est?"

Tom roula sur le dos et fixa le plafond. "Ca doit l'être. Je veux dire, est-ce que tu y as pensé?"

Bill respira profondément. "Parce que tu es mon frère?"

"Oui," dit Tom. "Maman ne comprend pas. Personne ne comprendra."

Bill avait l'impression de savoir où ils allaient en venir. "Tomi, est-ce que tu veux... arrêter?"

Tom se redressa et agrippa violemment les épaules de Bill, le pressant contre son torse. "De quoi est-ce que tu parles? Non, mon dieu, Bill. Je ne veux pas arrêter."

Bill émit un énorme soupir de soulagement et entoura Tom de ses bras. "Qu'est-ce qu'on fait?"

"On fait attention," dit Tom. "Si on veut être ensemble, personne ne doit jamais savoir."

"Mais comment?" Bill commençait à renifler, s'accrochant à Tom.

"Je sais pas, je sais pas," dit Tom. "Je ne peux pas me passer de toi."
Tom embrassa Bill dans le cou, le reposant contre le matelas. "J'ai besoin de ceci."

"C'est tellement mal," dit Bill, répondant à ses baisers et se collant contre Tom. "Oh mon dieu, je m'en fiche."

"Ca va aller," chuchota Tom. "Tu sais que tout ira bien."

Bill hocha la tête et leurs lèvres se joignirent. Tom était allongé sur Bill, bougeant sur lui, essuyant quelques larmes qui coulaient sur les joues de Bill. Bill émettait des petits soupirs contre la peau de Tom et le serra si fort, si désespérément, qu'ils se fondirent l'un dans l'autre.

"Ne me laisse pas," dit Bill doucement en reniflant. "Tu ne peux pas me laisser, d'accord?"

Tom hocha la tête. "Oh mon dieu, bien sûr que non, Bill. Même si... putain... je sais pas. Même si Maman entrait maintenant, je me battrai pour toi."

Bill sourit malgré tout et hocha la tête. "Oui... d'accord."

Ils s'embrassèrent et bougèrent ensemble, les mains jointes. Leurs c½urs étaient lourds et brisés, et la douleur était revenue dans leurs ventres.

"On ne peut rien dire à Maman," dit Tom à l'oreille de Bill, alors qu'ils enlevaient leur t-shirts.

"Non," gémit Bill doucement. Tom retira le pantalon de Bill et le jeta par terre. Bill haleta et glissa ses doigts sous l'élastique du pantalon de Tom et le descendit. Leurs peaux nues se touchèrent et ils sourirent, lèvres contre lèvres.

"Elle ne le saura pas, on fera attention," disait Tom. "Je t'aime, ne dis rien à Maman."

"Je t'aime, han," soupira Bill, alors que leurs corps nus s'alignaient. "Han, Tom..."

Tom sourit à Bill et ils se frottèrent ensemble dans le noir, en oubliant toute honte et culpabilité.

**

Le lendemain matin, Bill était réveillé et collé à son frère. Ils étaient toujours nus, et Bill était pris d'un sentiment de panique. Il n'était que sept heures du matin, mais il savait qu'il devait se rhabiller et retourner dans sa chambre.

"Tomi," chuchota-t-il en poussant doucement son frère. "Tom..."

Tom se retourna et grogna. Il entrouvrit un ½il. "T'es encore là," dit-il d'une voix endormie.

Bill hocha la tête. "Faut que j'y aille."

"Je sais."

"Mais je voulais attendre que tu te réveilles," dit Bill. "Pour être sûr que tu... n'avais pas changé d'avis depuis hier soir."

Tom bailla et se frotta les yeux. "De quoi tu parles?"

"Est-ce que tu veux toujours être avec moi?"

Tom entoura Bill avec son bras. "Bien sûr. Bien sûr." Il attira Bill contre lui et enfouit sa tête dans son cou. "Mais on doit faire attention, tu ne devrais pas être ici."

"Mais je le suis," dit Bill avec un petit sourire.

Tom embrassa son cou. "J'ai une idée," dit-il. "Mais c'est un peu bête et tu ne peux pas te fâcher."

"C'est quoi?"

"D'accord... Ben..."

"Dis-le, allez."

"On doit se trouver des copines," dit Tom doucement. Le visage de Bill se décomposa et Tom soupira. "Non, tu peux pas te fâcher."

"Tu veux une petite amie?" demanda Bill.

Tom caressa les cheveux de Bill, les repoussant de son front. "Non. Mais tu comprends pourquoi j'ai dit ça... n'est-ce pas?"

Bill haussa les sourcils. "Je sais pas. Non."

"Si nous avons des petites amies, Maman va penser qu'on les aime bien, et pas qu'on s'aime nous," dit Tom en rougissant.

"Tu m'aimes bien," l'embêta Bill.

Tom leva les yeux. "T'en penses quoi?"

Bill se redressa et chercha son pantalon, et commença à l'enfiler. "Tu veux que j'embrasse une fille?" demanda-t-il d'une toute petite voix.

L'idée de quelqu'un d'autre embrassant Bill retourna l'estomac de Tom. "Je sais pas. Non. Pas moyen."

"Moi non plus je ne veux pas que tu embrasses une fille," dit Bill. "C'est juste que..."

Tom se rapprocha de Bill et le frappa doucement sur l'épaule. "On ne doit même pas les embrasser, d'accord? Peut-être simplement... aller à un rendez-vous ensemble?"

"Pas de bisous?" demanda Bill.

"Pas de bisous."

Bill sourit et embrassa le nez de Tom en vitesse. "Je suppose que ça marchera."

"Hé, pas de bisous," dit Tom d'un air taquin.

"Oh, la ferme," dit Bill, et embrassa Tom fermement sur la
bouche. "Embrasse-moi maintenant."

Tom sourit, et l'embrassa.










Je mettrais les autres chapitres (7 encore!) avant mercredi normalement !!










# Posté le dimanche 17 février 2008 15:27

Modifié le dimanche 17 février 2008 16:38

Chapitre 4

Chapitre 4








14 Ans

Tom fixait ses mains pendant que la serveuse se tenait près de leur table, attendant qu'il commande. L'homme à l'autre bout de la table se racla la gorge et Tom se renfrogna.

"Tom," dit l'homme d'un ton impatient.

"Je n'ai pas faim," dit Tom en regardant la serveuse. "Rien pour moi."

"Tom," répéta l'homme. Il regarda la serveuse et soupira. "Il prendra un cheeseburger et des frites."

La serveuse hocha la tête et nota la commande. "Ce sera tout?"

"Ouais," répondit Tom d'un ton maussade, fixant la table.

"Merci," dit l'homme, et la serveuse s'éloigna. "Tom..."

"Quoi, Papa?" marmonna Tom. Les lampes fluorescentes du restaurant émettaient un bourdonnement sourd, et il avait la bouche toute sèche. "J'ai vraiment pas faim du tout."

"Essaie de profiter un peu," dit son père en se penchant en avant. "Je ne te vois pas souvent."

"Je sais."

Un silence gênant s'installa entre eux. Tom n'avait rien à dire à Jorg.

"Et bien, tu as bonne mine," dit Jorg enfin. Tom hocha la tête, triturant sa serviette. "Enfin. Mis à part ces cheveux."

"Qu'est-ce qui ne vas pas avec mes cheveux?" marmonna Tom.
Il savait que ça allait arriver; à chaque fois, son père avait une remarque à faire à propos de ses cheveux. Il les laissait pousser en dreads depuis des années, et Jorg ne pouvait pas se résoudre à l'accepter.

"Ta mère devrait les couper," dit Jorg. "Mais tu as l'air en forme. Tu grandis."

"Euh. Merci." Tom n'en avait rien à battre de ce que son père pensait. Les jumeaux ne devaient le voir que deux ou trois fois par an, et seulement parce que leur mère les y obligeait. Cela faisait des années qu'ils ne s'entendaient plus avec leur père, depuis le divorce.

"Alors, comment va Bill? J'espère qu'il a laissé tomber le maquillage. Pourquoi est-ce que votre mère le laisse faire?"

Tom soupira. "Elle s'en fiche. Je m'en fiche. Bill est Bill, c'est tout."

"J'espère que ces producteurs ne l'encouragent pas à le faire," dit Jorg d'un air désapprouvant.

"Ils ne lui disent pas d'arrêter."

Jorg grimaça. "Ca lui donne l'air... enfin, un air. Que vont penser les gens?"

"Bill va très bien," dit Tom agressivement.

"C'est dommage qu'il n'ait pas pu venir ce soir."

"C'est dommage, putain."

"Tom," dit Jorg d'un ton sévère. La serveuse arriva avec leurs boissons, et Tom commença à siroter son Coca.

"Est-ce que Bill va vraiment bien? Il était déjà malade la dernière fois que je suis venu vous prendre."

Tom eut envie de rire. Bill n'était pas malade, il était simplement doué pour faire semblant d'être malade quand il voulait échapper à quelque chose. Et Bill ne voulait pas voir leur père. La nuit précédente, il avait éclaté en sanglots rien que d'y penser. Tom s'en rappela et il serra les poings. Il détestait son putain de père.

"J'espère que votre mère ne le materne pas trop," dit Jorg. "Elle va en faire un garçon souffreteux (ndT: oui ce mot existe, dixit Larousse lol)."

Le sang de Tom se mit à bouillonner et pour toute réponse, il lui renvoya un regard noir. Il avait envie de cogner son père en plein visage.

"Alors..." toussa Jorg. "Ta mère va bien?"

"Ouais. Gordon est super." Tom lança un regard noir à son père avant de regarder par terre.

"Et comment ça va à l'école?" demanda Jorg. "J'espère au moins que cette histoire de musique ne gêne pas vos études."

Tom fit une grimace. "Ca va très bien."

"Toi et ton frère vous avez de bonnes notes, n'est-ce pas?"

"Qu'est-ce que t'en as à faire?" marmonna Tom.

"Tom," dit Jorg d'un ton acerbe. "Je suis votre père et je m'intéresse à vous."

Tom ne le crut pas, mais il ne voulait pas se disputer. Mais, tout compte fait, si. "Si tu t'intéressais à nous, tu viendrais nous voir plus souvent." Tom n'avait aucune envie de voir son père, mais il était sûr de son coup de bluff.

"Je suis très occupé par mon travail," dit Jorg.

"Ouais, d'accord." La serveuse revint, cette fois avec leurs plats. Tom chipota avec son hamburger.

"Tu es trop maigre, il faut que tu manges," dit Jorg, en prenant une énorme bouchée de son propre sandwich. A ce moment, Tom le trouva dégoûtant, comme un animal. Tom enfonça une frite dans sa bouche et regarda son assiette.
Encore une heure et il pourrait rentrer à la maison.

A la maison, avec Bill. Tom eut un petit sourire.

"Ta mère me dit que tu sors avec une gentille fille," dit Jorg.

Tom grogna. "Pourquoi est-ce qu'elle t'a dit ça?"

"J'aime bien être au courant de ces choses-là."

"Ouais, c'est vrai," dit Tom sans expression. "Elle est
gentille."

"Son nom?"

"Gabi."

Jorg hocha la tête. "Depuis quand sortez-vous ensemble?"

"A peu près un mois." Tom avala quelques frites et but une longue gorgée de Coca. "Elle est mignonne," dit-il la bouche pleine.

Jorg sourit. "Et Bill? Ta mère a dit qu'il sortait aussi avec une fille, mais franchement je n'y crois pas trop."

"Pourquoi?"

"Parce que ton frère... n'est pas comme toi," dit Jorg en avalant le dernier morceau de son hamburger. Il essuya sa bouche avec sa serviette. "Il ne l'est pas. Enfin. Tu vois," rigola-t-il doucement.

"Non." Tom regardait Jorg fixement. "On peut partir maintenant?"

"Tu as à peine touché à ton assiette," dit Jorg, l'air déçu. "Tu ne veux pas de dessert? Tu peux commander ce que tu veux."

"Non." Tom cogna brutalement son pied contre la table.

"Eh bien, moi je veux un dessert." Jorg posa sa serviette. "Si ça ne te dérange pas."

Tom haussa les épaules, cognant son pied encore plus fort.

"Tu sais," dit Jorg en en regardant Tom. "Tu pourrais au
moins faire un effort. Tu pourrais faire semblant de t'amuser, pour moi."

Tom ne put s'en empêcher. "Tu pourrais faire semblant d'être un bon père."

Le regard de Jorg noircit de colère et Tom crut qu'il allait le frapper. Au lieu de ça, il sortit son portefeuille et jeta quelques billets sur la table. "Je vais aux toilettes. Retourne à la camionnette." Jorg se leva et laissa Tom seul à la table.

Tom fut rempli d'une certaine satisfaction. Si Jorg pensait qu'il pouvait entrer et sortir de leurs vies comme ça lui chantait, il avait tout faux. Tom le détestait. Il détestait la façon dont il parlait à Bill, la façon dont il parlait à propos de Bill. Il leur avait parfaitement fait comprendre qu'il trouvait Bill bizarre, et qu'il lui préférait Tom.

Et Tom détestait la façon dont il parlait à leur mère, sur un ton tellement condescendant et froid.

Tom sortit de table, encore énervé par la conversation avec son père, et quitta le restaurant. Il donna un coup de pied dans la roue de la vieille camionnette de son père. "Connard," marmonna-t-il, et monta dans le véhicule.

Quelques minutes plus tard Jorg revint, et alluma la radio assez fort pour ne pas avoir à parler avec Tom. En temps normal c'était préférable, mais ce soir-là quelque chose trottait dans la tête de Tom, et il ne voulais pas laisser son père s'en tirer aussi facilement. Tom baissa légèrement le volume de l'autoradio lorsqu'ils se mirent en route.

"Bill s'est fait percer la langue," dit Tom d'un ton neutre. Il vit les mains de son père se crisper sur le volant.

"Quoi?"

"Ouais, c'est vraiment cool. Encore plus cool que son piercing au sourcil."

"Vraiment."

Tom hocha la tête. "Maman le pense aussi."

"Votre mère?"

"Ouais," dit Tom. "Je suppose que tu n'as pas regardé Bill à la télé l'année dernière."

"Ca c'était humiliant," dit Jorg, presque dans un souffle, mais Tom l'entendit.

"Ah ouais?" Tom se raidit sur son siège. "Humiliant pour qui? Toi? Bill?"

Jorg lança un regard rapide vers Tom. "Je ne pouvais pas le croire. Et maintenant un piercing à la langue?"

"Il va devenir une star."

"Mais oui, bien sûr." Jorg émit un rire amer.

Tom regarda droit devant lui. "Ouaip."

"Ton frère," dit Jorg en secouant la tête. "Il n'a pas changé du tout. Le maquillage... la coiffure, les vêtements... Je n'aurais jamais cru que mon fils serait un putain de pédé."

Tom sentit la colère parcourir ses veines et il tourna la tête pour fixer son père. "Retire ça."

Jorg lança un nouveau regard vers Tom. "Calme-toi, Tom."

"Tu sais, Bill n'est même pas malade," dit Tom d'un ton sec. "Il ne voulait pas te voir, c'est tout."

Jorg ne répondit pas, il se contenta de monter le volume et de fixer la route. Tom voulait encore le provoquer, il était tellement en colère.

"Et même si Bill était gay?" Tom dit pardessus la musique. "Il n'y a rien de mal à ça."

Jorg ne le regarda même pas. "Ton frère n'est pas gay, c'est juste une phase qu'il traverse."

Tom ne savait pas si Bill était gay ou pas, il s'en fichait. Bien sûr qu'ils faisaient des choses ensemble qu'on pourrait considérer comme gay, mais Tom ne se voyait pas vraiment comme ça, et Bill non plus. Tom était énervé car son père semblait penser que c'était anormal.

"Tu viens de le traiter de pédé," dit Tom.

"Ne me parle pas sur ce ton," lança Jorg. "Tu n'as aucun respect."

"Et toi t'es un connard," dit Tom. "Ne t'avise plus de parler de Bill de cette façon."

Jorg grinça des dents; Tom ne l'avait jamais vu aussi fou de colère d'aussi près. La camionnette arriva dans la rue des garçons, mais au lieu d'aller jusque devant la maison, Jorg arrêta la voiture devant le trottoir.

"Je vais avoir une discussion avec ta mère quand on rentrera, et tu feras gaffe à ce que tu dis," aboya Jorg. "Tu m'as compris?"

"Non," riposta Tom. "J'en ai marre de t'écouter. Ça me rend fou, putain. Tu n'arrêtes pas de critiquer Bill, moi, Maman. Tu ne rentres pas."

"Je suis ton père!" cria Jorg.

"Alors où étais-tu passé?" cria Tom en retour. "Ne traites plus jamais Bill de pédé. Ne parle plus jamais de lui. Il ne veut pas te voir!"

Le visage de Jorg rougit et il leva la main, et faillit frapper Tom au visage. Tom se recula, voulant se protéger du coup qui ne vint jamais. Immédiatement, Jorg baissa la main, et son visage pâlit.

Tom ouvrit la porte et sauta hors de la voiture. "Laisse-nous tranquille!" cria-t-il, et claqua la porte avant de courir vers la maison. Il tremblait, transpirait, et pleurait presque. Il n'avait jamais été autant en colère.


Lorsque Tom entra dans la maison, il s'arrêta dans le hall d'entrée et respira profondément plusieurs fois. Il aperçut son reflet dans le miroir que leur mère avait accroché dans le hall il y a des années, et il frotta légèrement ses joues. Elles étaient rouges, et ses yeux brillaient. Mais il ne pleurerait pas à cause de son père. Il avait failli, mais il ne l'avait jamais fait, parce que Bill le faisait.

Après avoir repris ses esprits, il enleva sa veste et la laissa tomber sur le sol. Sa mère allait l'engueuler, mais il s'en fichait. "Je suis rentré," dit-il, sans crier. Il n'était pas sûr de vouloir déjà parler aux autres.

"Tomi?" Bill passa sa tête au coin de la porte, depuis le salon, et haussa les sourcils. "Qu'est-ce qui ne va pas? Que s'est-il passé?"

"En haut," dit Tom, se dirigeant déjà vers l'escalier. Bill était sur ses talons. "Est-ce que Maman est rentrée?"

"Oui," dit Bill. "Mais elle est dans son studio."

"Ok."

Bill saisit la main de Tom et ils disparurent dans la chambre de Tom. Lorsqu'ils furent entrés, Bill ferma la porte et Tom frappa le matelas de son lit de toutes ses forces.

"Que s'est-il passé?" demanda Bill calmement, se roulant en boule sur le lit de Tom.

"Papa est... tu vois. C'est Papa. C'est un connard." Tom laissa échapper un soupir brûlant. "Je ne peux plus le voir."

"Je suis désolé de ne pas être venu."

"Non." Tom prit le visage de Bill entre ses mains et embrassa son menton. "Non, je ne veux plus jamais qu'il te voie. Il ne mérite pas de te voir."

"Quoi?" Bill leva la tête, l'air confus. "C'était si horrible que ça?"

Tom lâcha Bill et haussa les épaules. "Ouais."

"Gabi a téléphoné," dit Bill d'un ton terne. "Je lui ai dit que tu la rappellerais."

Tom grogna.

"Tu n'es pas obligé de l'appeler," dit Bill en s'asseyant sur le
lit.

"Si, je devrais. Elle est tout le temps en rogne contre moi," dit Tom. Il regarda Bill et soupira. "J'ai crié sur Papa.
Méchamment."

Bill fit une grimace. "Qu'est-ce qu'il a encore dit?"

Tom ne pouvait pas dire à Bill ce que Jorg avait dit sur lui, il ne le pourrait jamais. "Oh, tu sais, comme d'habitude. Il pense que je suis un fauteur de trouble, et que toi tu es son préféré bien sûr." Bill grimaça et Tom s'assit à côté de lui. "Mais il s'intéressait fortement à nos petites amies."

"Je déteste ta petite amie," dit Bill soudainement. "Ne l'appelle pas."

Tom eut un petit sourire. "Peut-être. J'espère que Papa ne nous emmènera plus jamais dîner, je n'irai plus."

"C'est moi qui irai la prochaine fois," dit Bill courageusement.

"Non," dit Tom fermement. "Je ne te laisserai pas."

Bill fit une grimace. "N'appelle pas Gabi... Elle ne le vaut pas."

"Et si jamais elle rompt avec moi?"

Bill sourit largement.

"D'accord, d'accord," rigola Tom. Il donna un coup de coude à Bill en souriant. Il se sentait déjà beaucoup mieux. "Mais l'un de nous ferait mieux de garder une petite amie."

"Oups," dit Bill d'un air pénaud.

Tom enlaça Bill fermement, et Bill grimpa sur les genoux de Tom et enroula ses jambes autour de la taille de Tom. Leurs lèvres se connectèrent et ils se balancèrent doucement en silence, profitant du baiser. Lorsqu'ils se séparèrent, Tom fixa les lèvres de Bill. Il imagina quelqu'un d'autre en train de les embrasser, et il frissonna.

"Tom?"

"Hmm?"

"Il faut que je te dise quelque chose," dit Bill, l'air un peu hésitant.

L'estomac de Tom se souleva légèrement, il détestait quand Bill lui cachait des choses. C'était souvent des choses qui lui brisaient le c½ur, comme la fois où Bill lui avait enfin avoué qu'il se faisait racketter par des brutes à l'école. Tom avait été tellement en colère et s'était senti coupable de n'avoir rien vu; le jour suivant, il avait foncé droit sur les gosses plus âgés et avait essayé de leur écraser la gueule contre le trottoir.

Le seul qui avait été écrasé, c'était Tom.

"Qu'est-ce que c'est?" demanda Tom. "Est-ce quelqu'un te fait du mal?"

Bill secoua la tête. "Non, euh... Tu vas t'énerver."

Tom haussa un sourcil. "Tu as fait quelque chose à ma guitare?"

Bill cacha son visage dans le cou de Tom. "Pire." Tom ne pouvait rien imaginer de pire que ça.

"JaiembrasséNatalie."

Tom devint silencieux. Bill retira lentement son visage du cou de Tom et le regarda avec de grands yeux. "T'es si fâché que ça? Je suis désolé, je suis désolé."

"Bill," dit Tom, en essayant de garder un air
impassible. "J'arrive pas à croire que tu... as fait ça."

"Je l'ai fait," dit Bill d'une petite voix.

Tom secoua la tête et bascula en arrière, s'appuyant sur ses mains. "Eh ben..."

Bill se mordit la lèvre.

Tom esquissa un sourire. "Moi aussi. J'ai embrassé Gabi."

"Je sais," dit Bill en cognant l'épaule de Tom. "Je vous ai vus, après les cours. Alors j'ai embrassé Natalie pour, tu vois quoi, te rendre jaloux."

"Tu voulais que je sois jaloux?" Tom se mit à rire.

Bill soupira bruyamment. "Tu as embrassé quelqu'un."

"Je sais," dit Tom doucement. "Je suis désolé."

"Je déteste ça."

"Il fallait que je voie si c'était différent," expliqua Tom. "Différent de... t'embrasser toi."

Bill croisa les bras. "Alors?"

Tom se pencha en avant et embrassa Bill avec plus d'insistance que d'habitude. Bill en eut le souffle coupé et se laissa aller contre Tom. Il enroula ses bras autour de cou de Tom et se cambra contre lui, leurs excitations grandissantes se frottant ensemble. Bill haleta et se recula, les lèvres gonflées et humides.

"Bien sûr que c'était différent," dit Tom en touchant la lèvre inférieure de Bill. "C'était nul, comparé à toi."

"Tu mens," dit Bill avec un petit sourire.

"Pas du tout," dit Tom. "Elle ne savait même pas quoi faire avec sa langue. Contrairement à toi."

Le petit sourire de Bill s'élargit. "Alors, on peut arrêter d'embrasser les filles, maintenant?"

"Seulement si tu me laisses t'embrasser plus souvent," dit Tom, posant de tendres baisers dans le cou de Bill.

"On ne peut pas, on ne devrait pas maintenant," gémit Bill. "Maman."

"Ouais, mais..." Tom savait qu'ils dépassaient les bornes, s'embrasser avant l'heure d'aller au lit. Mais c'était plus fort que lui, il était sur les nerfs à cause de leur père et il avait besoin de Bill. "Je peux juste t'embrasser encore un peu?"
Bill rougissait déjà. "Un peu, ça devient toujours beaucoup plus avec toi."

"Pas ce soir, je le promets. S'il te plait? Papa m'a trop énervé," dit Tom, en faisant une petite moue.

Bill pressa leurs lèvres ensemble. "Pauvre Tomi."

"Les garçons," cria Simone. "Venez chercher votre linge propre!"

"Putain," murmura Tom contre les lèvres de Bill. Ils sourirent tous les deux et Bill sauta des genoux de Tom.

"Pauvre Maman, elle a du laver des draps dégueus et plein de tu-sais-quoi," dit Bill d'une petite voix chantante.

Tom grimaça. "Bill, berk. Comme si les tiens étaient mieux."

Bill se retourna. "J'utilise presque jamais les miens."

Tom lui vola un dernier baiser et ils descendirent.

**

Andreas sourit narquoisement. "Donc on était au cinéma, tu vois? Et je paie pour elle et tout, je lui achète un truc à manger. J'ai fini par dépenser tout mon blé, mais je pense que ça valait le coup."

"Ah ouais?" Tom enfonça ses mains dans ses poches en frissonnant. Ils rentraient à la maison après avoir passé leur samedi après-midi en ville. Bill tenait un gobelet de chocolat chaud entre ses mains gantées.

"Ouais. Donc on rentre dans la salle, et elle s'assied. Je m'assois à côté d'elle et elle me lance un drôle de regard," continua Andreas. "J'suis genre, 'Quoi?'"

"Mauvaise fille?" devina Bill.

"Je sais pas comment s'est arrivé," répondit Andreas en riant. "Mais oui. Ce n'était pas elle. C'était une autre fille blonde."

"Comment t'as fait pour la perdre du vue?" demanda Tom.

Andreas leva les mains. "J'en sais fichtrement rien. Donc la fille s'est fâchée et elle est partie. L'autre fille n'était pas contente non plus. Ni son petit ami, d'ailleurs."

Les trois garçons rigolèrent bruyamment. Bill but une longue gorgée de sa boisson chaude, claquant des dents à cause du froid. "Je ne ferais jamais ça," dit-il.

"Moi si," dit Tom en haussant les épaules. "Parfois elles se ressemblent toutes."

"Pas la tienne," dit Andreas. "Gabi est... bonne."

"Merci", dit Tom, et bizarrement, il se sentait un peu fier. Bill lui jeta un regard noir.

"C'est dommage à propos de Natalie," dit Andreas à Bill. "Elle t'a plaqué."

"Je ne l'appelais pas assez souvent," dit Bill en haussant les
épaules.

"Certaines filles en demandent trop." Andreas expira, et un nuage de buée apparut devant sa bouche. "Alors, elle est libre?"

"Tente ta chance," dit Bill d'un ton terne.

"T'es dingue," dit Andreas. "Bordel."

"De toute façon, je m'intéresse à quelqu'un d'autre," répliqua Bill. "Quelqu'un de mieux." Bill lança un regard vers Tom et sourit doucement.

"Ouais, tu mérites mieux," fut la réponse de Tom.

**

Tom passa sa main dans les cheveux de Bill encore et encore, regardant les mèches glisser entre ses doigts pendant que la bouche de Bill était sur lui. La bouche de Bill était à moitié taquine, à moitié sérieuse. Il était penché au-dessus de Tom et le suçait, le faisant seulement pour Tom et Tom lui en était reconnaissant, putain.

Bill était devenu très bon, pensa Tom, tellement bon qu'il lui suffisait d'avaler juste un petit bout et les orteils de Tom se crispaient et ses yeux se révulsaient. Bill adorait le faire aussi. Il adorait procurer ces sensations à Tom, il adorait contrôler la situation parce que généralement, c'était Tom qui menait la danse lorsqu'ils étaient ensemble.

Mais à tout moment, Bill pouvait abandonner le pouvoir avec joie si cela signifiait que Tom s'occuperait de lui comme ça.

Bill aspira le sexe de Tom profondément dans sa bouche, touchant presque l'arrière de sa gorge. Il sentit Tom tirailler sur ses cheveux, et Bill sourit, glissant ses dents délicatement le long du membre sensible de Tom. Tom gémit et s'abaissa encore, cognant la tête de Bill et caressant derrière son oreille. Bill soupira, son souffle chaud enveloppant le sexe de Tom.

"Bill, ne... ne t'arrête surtout pas," articula Tom péniblement.

Il ouvrit un ½il et regarda la tête de son frère, bougeant de haut en bas. Bill avala le sexe de Tom en entier, goûtant l'humidité et se délectant du goût surprenant. Bill adorait prendre Tom en bouche et le sucer, il en aimait tous les aspects.

Bill se mit à genoux et posa ses deux mains autour de la base du sexe de Tom, et suça plus fort. Il gardait ça pour la fin car la plupart du temps, Tom en devenait fou. Mais cette nuit-là, Tom résistait bien. Il fit glisser ses mains, entoura le visage de Bill, et posa ses pouces sur la mâchoire de Bill.

"Han," gémit Tom bruyamment. Bill lui lança un bref regard.
Leurs deux parents étaient à la maison, juste en bas. Bill secoua la tête et sourit, faisant signe à son frère avec ses yeux de rester silencieux. Tom l'ignora et laissa tomber sa tête en arrière. Il lâcha Bill et agrippa la tête du lit, s'abaissant encore, faisant de son mieux pour ne pas exploser.

Il ne voulait pas encore jouir, tout était si bon et familier. Il haleta "Oh ouais, oh ouais," doucement à travers ses dents et bougea légèrement le bassin, s'enfonçant doucement dans la bouche brûlante de Bill. Celui-ci l'accepta, bien que Tom savait que ce devait être difficile pour Bill, tellement il bougeait.

Et puis il sentit ses testicules se serrer et son estomac se nouer. Il allait jouir et il ne pouvait rien faire pour l'empêcher. La sensation grandissait incontrôlablement, encore quelques secondes et ce serait fini. Tom soupira et puis son estomac se retourna; tout à coup, ce n'était plus assez.

Son c½ur lui fit mal et il regarda Bill, qui le suçait docilement, faisant des petits bruits encourageants, et il ne put s'empêcher de repousser Bill. "Arrête," dit Tom alors que Bill tenta de le reprendre en bouche.

"Quoi... quoi?" Bill avait l'air confus et un peu troublé. "Qu'est-ce que j'ai fait?"

"Bill." Tom repoussa Bill et grimpa sur lui, étreignant son corps menu. "Je veux... faire l'amour avec toi." (ndT : en anglais, ils utilisent l'expression 'to have sex with', ce qu'on ne peut pas vraiment traduire en français ^^, et c'est mieux que 'coucher avec'... votre avis? Dites-moi si ça semble cohérent)

Bill déglutit, bougeant bizarrement sous Tom. "Quoi?"

"Ouais, je veux faire l'amour avec toi," répéta Tom, cette fois plus sûr de lui. "Je viens de le décider."

"Du sexe de cinéma?" demanda Bill prudemment. "Ou du vrai sexe?"

"Du vrai sexe, genre... moi à l'intérieur de toi."

Bill fixa Tom d'un air inexpressif. "Je pensais qu'on faisait déjà l'amour... du moins, autant qu'on le pouvait."

Tom secoua la tête. "Je pense connaître un autre moyen... un meilleur moyen."

"Comment?"

Bill regardait Tom comme s'il était fou. Il ne pouvait imaginer de quoi parlait son frère. Tom se pencha au-dessus de lui et posa une main dans le dos de Bill. "Je vais te montrer. Ne panique pas."

"D'accord." Bill sentit Tom caresser son dos, et puis la main de Tom parcourut sa colonne vertébrale, doucement. Bill cambra le dos et se souleva, essayant de comprendre ce que Tom était en train de faire. Les doigts de Tom effleurèrent le bas de son dos, et puis délicatement, le caressa entre les fesses. "Tom?"

"Ici," chuchota Tom. Il caressa la raie de ses fesses et effleura l'intimité de Bill. "Ici. D'accord?"

Les yeux de Bill s'écarquillèrent et il se recula un peu. "Tu veux mettre ton... là-dedans??"

"C'est ça le sexe," dit Tom simplement. "C'est comme ça qu'on pourrait faire l'amour."

"Mais c'est là où je... enfin, tu vois quoi," dit Bill, se sentant tellement confus. "Je ne veux pas que ta queue aille là."

"Bill", dit Tom doucement. "Pourquoi pas?"

"Tu n'aimerais pas," dit Bill, de l'inquiétude dans sa voix. "Tu ne m'aimerais pas. Je suis sale." (ndT : 'gross' en anglais)

Tom soupira et caressa doucement le derrière de Bill. "Je ne trouverai jamais sale. Je pense... que ce serait vraiment trop bon."

"Pourquoi?" Bill devint rouge pivoine.

Tom fit glisser son doigt contre l'intimité de Bill encore une fois, le sentant se contracter sous son toucher. "Ce serait vraiment étroit."

"Tom, tu me fais rougir," dit Bill. "Vraiment beaucoup."

"Je ferais très, très attention," ajouta Tom. Il embrassa l'oreille de Bill. "Je prends toujours soin de toi, non? Et si ça tombe, tu aimeras ça aussi."

"Tu serais en moi," dit Bill en se mordant la lèvre. "En moi jusqu'au bout?"

"Ouais," dit Tom. "Aussi loin que tu me permettras."

Bill ne put s'empêcher de sourire, et son c½ur papillonna en entendant cela. "Je te laisserai aller aussi loin que tu veux."

Tom suça l'oreille de Bill dans sa bouche et Bill gémit. "Quand?" demanda Tom.

Bill se tortilla. "Je suis trop petit pour faire l'amour."

"Tu veux attendre combien de temps?"

Bill toucha les joues de Tom et l'embrassa
doucement. "J'essayerai de ne pas te faire attendre trop longtemps, Tomi."

Leurs lèvres se rencontrèrent et Tom bougea au-dessus de Bill, les faisant jouir sur les draps.










# Posté le lundi 18 février 2008 03:01

Modifié le lundi 18 février 2008 03:11