8 Ans
"Je vous en prie, Madame Kaulitz, asseyez-vous," dit Madame Zumwald, l'enseignante des jumeaux, et s'assit à son bureau.
Simone frissonna lorsqu'elle entendit Madame Kaulitz, vu que le divorce avait été prononcé il y a plusieurs mois, mais elle ne dit rien. Elle en avait assez de devoir expliquer sa situation à tous les étrangers autour d'elle.
"Je suppose que vous vous demandez pourquoi je vous ai demandé de venir me voir aujourd'hui," dit Mme Zumwald.
"J'espère que ce n'est rien de grave," dit Simone en en tordant ses mains.
Mme Zumwald sourit. "Vous avez deux enfants très vifs et intelligents," lui assura-t-elle.
Simone poussa un soupir de soulagement. "Merci. Mais je suppose que vous avez autre chose à me dire?"
"Bill et Tom progressent très bien pour leur âge, en termes d'apprentissage. C'est le côté social qui me préoccupe quelque peu. Avez-vous remarqué qu'ils ont tendance à être un peu... accrochés l'un à l'autre?"
"Oui, ils sont très proches, ils l'ont toujours été," dit Simone. "Cela pose-t-il un problème?"
"Je pense que c'est merveilleux qu'ils soient si bien ensemble et qu'ils s'entendent," dit Mme Zumwald. "Mais ils ne communiquent pas avec les autres enfants. Et vous savez que les enfants peuvent parfois être cruels."
"Est-ce qu'ils embêtent les autres enfants?" demanda Simone. "Est-ce que c'est Tom?"
"Non, pas du tout. Ce sont les autres enfants justement. Ils ne comprennent pas très bien la relation spéciale des jumeaux."
"Spéciale? Je crois que je ne vous suis plus." Simone repensa à toutes les fois où elle avait surpris Bill et Tom assis ensemble dans le noir, et la fois où elle les avait surpris en train de s'embrasser avant d'aller au lit. Son estomac se retourna.
"Ils se tiennent la main, par exemple," dit Mme Zumwald. "C'est très normal, très mignon, vraiment. Mais les autres garçons de la classe..."
"Oh," dit Simone en clignant des yeux. "Je ne savais pas qu'ils attiraient l'attention à ce point."
"Oh non, ça perturbe à peine mes cours," dit Mme Zumwald. "Je m'inquiète surtout pour les sentiments et le bien-être de vos garçons. Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais..."
"Je suis contente que vous m'ayez appelée." Simone soupira légèrement. "Sans vouloir entrer dans les détails, je dirais que, eh bien, ça a posé quelques petits problèmes à la maison."
"Oh?"
Simone grimaça. "Le divorce a été dur pour eux, je n'ai jamais voulu interdire leur comportement."
"Moi non plus." L'enseignante se tut, et un silence gênant s'installa.
"Je leur parlerai," dit Simone, essayant de calmer ses nerfs. "Peut-être qu'ils pourront... euh... faire cela seulement à la maison."
Mme Zumwald hocha la tête. "Je ne veux pas qu'ils deviennent une cible facile pour les autres."
"Que font-ils d'autre, à part de se tenir la main?" demanda Simone.
"Eh bien," murmura Mme Zumwald en baissant le regard. "Je trouve que c'est plus la façon dont ils se regardent, comme s'ils n'existaient que l'un pour l'autre. Se tenir la main est la seule chose physique en fait."
Simone se sentit soulagée. "Je leur parlerai," répéta-t-elle.
"Très bien. Je pense que tout est dit, sauf si vous avez d'autres questions?"
"Non," dit Simone en secouant la tête, et se leva. "Je vous appellerai si je pense à quelque chose."
Elles se dirent au revoir et Simone partit, se sentant presque engourdie. Donc, ce n'était pas juste sa propre imagination. D'autres personnes l'avaient aussi remarqué.
Elle ne savait pas quoi faire ou quoi dire à ses garçons. Ils étaient juste tellement attachés l'un à l'autre, et elle ne pensait pas que c'était quelque chose de mal. Ce qu'ils avaient était beau.
C'était peut-être juste un peu étrange.
Elle devrait leur en parler plus tard.
**
"Bill, va mettre ton pyjama," dit Simone. Elle était assise sur le lit de Tom et l'aidait à coiffer ses dreads. Tom avait absolument voulu avoir des dreads depuis qu'il avait vu un des membres du groupe de Gordon avec la même coiffure. La première réaction de Simone avait été de dire non, mais Gordon et Tom l'avaient finalement convaincue.
Bill geignit en mettant son pantalon. "Maman, écoute-moi!"
"Une minute, Billou," dit-elle sur un ton affectueux.
Tom rit, mais pas méchamment. "Billou," se moqua-t-il.
Bill lui jeta un regard noir. "Tomi."
"Tiens-toi tranquille, Tom," dit Simone en passant ses doigts dans les cheveux courts et épais de Tom. Ils arrivaient à ses oreilles. "Bill, couche-toi."
"Je peux pas," dit Bill sur un ton pathétique. "Je suis même pas fatigué."
"Moi si," dit Tom. Il sursauta lorsque sa mère tira sur ses cheveux. "Maman!"
"C'est toi qui voulait des dreads," dit Simone avec précaution. Elle referma le pot de cire et le posa sur la table de nuit entre les lits des jumeaux. "Ok, c'est l'heure de se coucher."
"Tu nous mets au lit?" demanda Bill. "D'habitude tu ne le fais plus."
"Ce soir je le fais," dit Simone doucement. "Billou, viens ici. Viens t'asseoir sur le lit de Tom."
Bill bondit en avant et s'assit en tailleur sur le lit de Tom. Tom se bougea pour se rapprocher de Bill, mais Simone se posa entre eux.
"Les garçons," commença-t-elle nerveusement, "je veux vous parler de quelque chose."
Tom tira sur ses cheveux et bailla. "Quoi?"
"Est-ce qu'on a fait quelque chose de mal?" demanda Bill. Il se mit à mordiller sa lèvre, l'air inquiet. Simone secoua la tête et leur caressa le dos.
"Vous n'avez rien fait de mal," dit-elle doucement. "Je veux juste vous parler de la façon dont vous... dont vous vous aimez."
Bill et Tom affichaient un air confus.
"J'aime Bill," dit Tom en bombant un peu le torse.
"Bien sûr que tu l'aimes, mon c½ur," dit-elle. "Il n'y a pas de mal à aimer comme vous le faites. Je veux que vous le sachiez."
"Je suis amoureux de Tom," dit Bill, et regarda sa mère pour avoir son
approbation.
Simone haussa les sourcils et caressa la joue de Bill. "Non, Bill, tu ne l'es pas. Tu l'aimes, c'est tout."
"Je l'aime comme toi et Gordon vous vous aimez. Vous êtes amoureux," dit Bill, la tension montant légèrement dans sa voix. "N'est-ce pas?"
La bouche de Simone devint sèche; elle ne savait pas comment leur expliquer les différentes façons de s'aimer.
"Gordon et moi, nous nous aimons comme les garçons aiment les filles," dit-elle lentement. "Quand on aime quelqu'un avec qui on veut passer toute sa vie ensemble."
"Moi je veux passer toute ma vie avec Tom," dit Bill en faisant la moue.
"Oui, je sais," dit Simone. "Je veux dire, on s'aime comme deux personnes qui veulent se marier."
"Comme toi et Papa?" demanda Tom. Il fixait le sol, les sourcils levés.
"Oui," dit Simone.
"Alors pourquoi est-il parti, si vous vous aimiez?" demanda Bill.
"Chéri, c'est très compliqué," dit-elle. "Vous deux, vous ne vous quitterez jamais, n'est-ce pas?"
"Non," dit Tom, très sérieusement. "Je suis amoureux de Bill."
Simone soupira et secoua à nouveau la tête. "Vous êtes frères, des frères ne sont jamais amoureux l'un de l'autre."
"Pourquoi?" demanda Bill.
"Moi je le suis," dit Tom, l'air confus. "Je sais que je le suis, parce que c'est sérieux."
Simone caressa l'épaule de Tom. "Je sais que tu es sérieux, chéri. Je suis tellement contente que vous soyez ensemble, mais vous devez savoir que personne ne peut vraiment comprendre... je veux dire, et je ne veux pas que vous ne soyez plus ensemble. Je sais que les dernières années ont été difficiles."
"Tomi a pris soin de moi," dit Bill, l'air décontenancé. "Il ne devait pas?"
"Oh, Billou," dit Simone, le c½ur brisé. Elle l'enlaça et le serra tellement fort qu'il couina. "Je ne sais pas comment vous expliquer que ce que vous faites est mal."
"Mal?" répéta Tom. Il affichait une expression horrifiée.
Simone se mordit la lèvre. Elle n'avait pas voulu le dire ainsi, mais au fond, elle le pensait un peu. "Je ne sais pas vraiment quoi dire. Tu ne peux pas embrasser ton frère sur la bouche, Tom."
Les joues de Tom rougirent. "Quoi?"
"Tu ne peux pas embrasser Bill sur la bouche," dit Simone. Tom baissa la tête. "D'accord?"
"D'accord," marmonna Tom.
Bill fit la moue. "Pourquoi il ne peut pas?"
"Parce que des frères ne sont pas censés faire ça," dit-elle, essayant de donner une explication sensée. "Vous pouvez vous embrasser sur la joue, par contre. Il n'y a pas de mal à ça, les garçons. Et vous pouvez vous donner des câlins et vous donner la main."
"Sur la joue?" demanda Tom. Il ne voulait même pas regarder Simone.
"Oui, c'est une très gentille chose à faire," dit Simone. "Mais nous devons établir une règle, vous faites ces choses uniquement ici à la maison." Elle se sentit mal en leur disant cela, mal en voyant la culpabilité sur leurs visages.
"Je ne veux pas le faire si c'est mal," chuchota Bill. "Je ne veux pas que tu sois fâchée contre moi."
"Bill," dit Tom, l'air vexé.
Simone prit la main de Bill et la main de Tom, et les mit ensemble. "Ca va aller," dit-elle calmement. "Je ne veux pas que les gens vous regardent en pensant des choses bizarres. Personne en dehors de cette maison comprend. Vous devez savoir que les gens sont cruels et
Bill, Tom ne peut pas te protéger de tout."
"Si, je peux," dit Tom, le menton tremblant. Une larme tomba du coin de son ½il et Simone serra leurs mains encore plus fort ensemble.
"Ecoutez," leur dit Simone. "Ne cessez jamais de vous aimer, d'accord? Ayez toujours de l'affection l'un pour l'autre. Mais s'il vous plait, à partir de maintenant, faites-le seulement à la maison, et aussi," ajouta-t-elle avec un clin d'½il, "si vous avez envie de, euh, vous embrasser... faites-le sur la joue. Quand on est frères, on s'embrasse sur la joue."
Bill tremblait, ses yeux étaient grand ouverts et humides. "Maman, est-ce que tu es contrariée? Tu as l'air triste."
"Non," dit Simone. "C'est juste que je ne veux pas que les gens vous fassent du mal."
Tom ne répondit rien. Simone garda leur mains jointes et se leva, et les embrassa tous les deux sur la tête. "Bonne nuit, les garçons."
Bill hocha la tête et Tom murmura, "Nuit."
Lorsque Simone éteignit la lumière et ferma la porte, Bill et Tom restèrent assis en silence pendant quelques minutes.
"Bill."
"Ouais."
"Je pense que je suis toujours amoureux de toi."
Bill haussa un sourcil et rampa vers son propre lit. "Maman a dit que tu l'étais pas."
"Je sais. Mais je le suis." Tom se glissa sous les couvertures et fixa le plafond. "Je crois."
"Je ne veux pas que Maman soit fâchée," dit Bill.
"Elle n'est pas... obligée de le savoir," répliqua Tom. "Si elle ne le sait pas, elle ne peut pas se fâcher."
"Mais elle a dit que c'était mal."
Tom se leva et s'approcha de Bill. "Est-ce que tu écoutes toujours ce que dit Maman?"
Bill se tourna sur le côté, face à Tom. "Oui."
"Peut-être que tu ne devrais pas. Je veux te donner un bisou de bonne nuit. Je veux le faire, c'est tout." Tom se pencha pour poser un baiser sur les lèvres de Bill, mais ce dernier tourna la tête. Les lèvres de Tom effleurèrent la joue de Bill. "Bill?"
"C'est comme ça que les frères s'embrassent," dit Bill.
"Mais je veux t'embrasser comme Maman et Gordon s'embrassent," chuchota Tom. "C'est comme ça que je t'aime, Bill. Maman ne le sait pas."
"Elle sait toujours tout," dit Bill.
"Je prends soin de toi," dit Tom. "Toujours."
"Mais Maman..."
Les mains de Tom touchèrent la joue de Bill avec douceur, comme leur mère le faisait toujours. "Ne dis rien à Maman," dit Tom. "Ne dis rien à Maman, c'est tout."
Bill hocha la tête et se retourna vers Tom. Il leva sa main et caressa la joue de Tom avec ses doigts, tout en douceur, et Tom sourit. Il faisait noir, mais un rayon de lumière entra dans la pièce en dessous de la porte, et Bill pouvait voir les ombres sur le visage de Tom. Tom s'allongea à côté de Bill et frotta son nez contre le sien. Bill haleta doucement.
"Tomi," chuchota-t-il.
"Chut," lui dit Tom. Il embrassa les lèvres de Bill avec précaution, lentement, et puis se recula. "Bonne nuit."
Bill regarda Tom retourner dans son propre lit. "Tomi?" dit-il encore une fois.
"Ouais?"
"Reviens," dit Bill doucement. "Reste avec moi. J'ai peur."
"N'aie pas peur," dit Tom, mais il revint vers le lit de Bill et grimpa quand même dedans. "Je ne laisserai rien t'arriver."
Bill hocha la tête, et ils sourirent avant de se retourner et de s'endormir, dos à dos.
10 Ans
"Oh, regarde ça," dit Bill. Ses yeux s'agrandirent alors qu'il regardait l'écran de télévision. Il tira sur une des dreads qu'il était en train de coiffer et Tom grogna de douleur. "Pardon. Mais. Euh."
Ils veillaient tard, même si c'était un soir de semaine, et regardaient les chaînes que leur mère n'avait toujours pas bloquées. Mais ça n'avait pas d'importance, vu que leur mère et Gordon, à présent leur beau-père, étaient sortis dîner avec leurs voisins. Tom était assis par terre en tailleur, et Bill était assis au-dessus de lui sur le canapé, ses jambes pendant de part et d'autre de Tom.
"Waw, regarde comment ils s'embrassent," dit Tom. "J'ai hâte
d'embrasser une fille comme ça. Je n'ai jamais embrassé personne."
Bill tira exprès sur les cheveux de Tom.
"Aie!"
"Tu m'as déjà embrassé, idiot," dit Bill en souriant narquoisement. "Et on a que dix ans, alors tu ne devrais pas embrasser les filles de cette façon."
"C'est ce que Maman dit toujours," dit Tom. "Et puis, je ne t'embrasse pas comme ça. Je t'embrasse juste pour te dire bonne nuit." Il pointa un doigt vers la télévision où deux personnes à moitié nues s'embrassaient avidement. "Ca c'est vraiment s'embrasser. Regarde, avec la langue et tout."
"Ca a l'air dégueu," dit Bill. Il mit de la cire sur la dernière dread et puis posa le pot en tapotant la tête de Tom. "T'as pas envie de faire ça."
"Euh... si, vachement," dit Tom.
Bill continua à caresser les cheveux de Tom, posa ses pieds sur les épaules de Tom et enfonça ses orteils. "Pourquoi? Ca a l'air mouillé."
"Mouillé c'est bien," dit Tom en rigolant.
"Hmm..." Les mains de Bill caressèrent à présent la nuque de Tom, appuyant doucement. Tom gémit à ce toucher. Bill n'arrivait pas à être assis près de Tom sans le toucher, c'était impossible. Et Tom aimait ça.
"Fais-moi un massage," dit Tom.
"Tu as mal?" demanda Bill, l'air un peu inquiet. "C'est parce que je t'ai poussé hors du lit hier soir?" Tom et Bill avaient pris l'habitude de dormir ensemble la plupart des nuits, et alors que Tom était d'habitude le plus agité des deux pendant la nuit (Bill était plus agité pendant la journée), Bill n'avait pas réussi à dormir la nuit dernière. Il avait roulé et avait poussé Tom, qui était tombé sur ses fesses sur le sol.
"Peut-être," dit Tom. "Peut-être que je ne voudrais plus dormir avec toi et alors les monstres t'attraperont." Ils rigolèrent tous les deux.
"Tu dois dormir avec moi parce que tu m'aimes," dit Bill, soudain l'air sérieux. Tom se retourna et poussa les jambes de Bill.
"Je veux toujours dormir avec toi, je plaisantais," dit-il. Il saisit la main de Bill et la serra. "D'accord?"
Bill sourit. "Maman serait contente si tu plaisantais."
Tom leva les yeux au ciel. Il reporta son attention vers la télévision. Les mains de Bill s'activaient toujours sur sa nuque et ses épaules, et Tom sentit les jambes de Bill se rapprocher autour de lui. Tom se pencha en arrière, posant sa tête contre le ventre de Bill.
"Regarde ça," murmura Tom. "Ils ne s'arrêtent même pas pour respirer." Le couple qui s'embrassait à l'écran faisait papillonner l'estomac de Tom.
Bill leva la tête et regarda. "Je suppose qu'ils respirent l'un pour l'autre, peut-être."
Tom pinça la jambe de Bill. "Tu ne peux pas respirer pour quelqu'un d'autre, idiot."
"Hé," répliqua Bill. "Je disais ça comme ça."
Tom hocha la tête. Il grimpa sur le canapé, et lui et Bill se blottirent l'un contre l'autre. Tom prit la main de Bill et se mit à serrer chaque doigt et chaque articulation. Bill poussa un soupir de contentement et posa sa tête sur l'épaule de Tom.
"Peut-être qu'on pourrait essayer ça," dit Bill, très doucement. "Juste une fois, comme ça tu peux voir comment c'est."
Tom tourna son visage vers Bill, seulement quelques centimètres les séparaient. "Vraiment?"
Bill hocha la tête. "Ouais."
"Je ne sais pas si tu pourrais le faire comme ça," dit Tom en hochant la tête vers la télévision. "Ca a l'air plutôt bien."
"Je pourrais le faire mieux."
Tom haussa les sourcils. "Ouais?"
Bill sourit et se mit à genoux, et se positionna sur les genoux de Tom, une jambe de chaque côté. Tom le regarda avec de grands yeux et posa ses mains sur les hanches de Bill. "Tu vois?" chuchota Bill. "C'est pas si difficile."
"Tu n'as encore rien fait."
"Ok." Bill se pencha en avant et rit, et puis se recula. Tom prit le visage de Bill entre ses mains et écrasa douloureusement ses lèvres sur les siennes. Leurs nez se cognèrent et leurs dents aussi. "Aie!!" gémit Bill.
"Oh mon dieu, espèce d'idiot!" Tom lâcha Bill et posa ses mains sur son visage pour frotter ses lèvres et son nez. "Bill, c'était trop nul!!"
Bill fit une grimace en frottant ses lèvres, descendit des genoux de Tom et s'assit par terre. Il baissa la tête et remonta ses genoux. "Pardon."
Tom regretta immédiatement ses paroles. Il saisit la main de Bill avec fermeté. "Je suis désolé," dit-il. "Je suppose que c'était à moitié de ma faute."
"Tu ne m'as pas laissé le temps de..." Bill leva la tête, les joues rouges. "Tu ne m'as pas laissé le temps de le faire."
"Fais-le encore," dit Tom. "Je promets de rester tranquille et de te laisser faire."
Bill sourit légèrement. "Tu es sûr? C'était vraiment bizarre."
"Allez Bill," dit Tom sur un ton encourageant. Il caressa le visage de Bill, comme il le faisait toujours quand Bill était triste et pleurait, mais cette fois-ci, Bill en frissonna.
"D'accord," murmura Bill. Il rampa vers Tom et pressa leurs visages ensemble. "Ouvre la bouche, comme la fille."
"Suis pas une fille," dit Tom, mais il ouvrit quand même la bouche. Bill embrassa ses lèvres avec douceur, comme avant de se coucher, et puis fit sortir sa langue pour la faire entrer un peu dans la bouche de Tom. Les mains de Tom agrippèrent les épaules de Bill et le tirèrent en avant.
"Tom, t'es pas censé-"
Tom pressa sa langue avec insistance dans la bouche de Bill et ils gémirent tous les deux. C'était mouillé, maladroit, mais ils étaient hors d'haleine lorsqu'ils se séparèrent.
"Je veux... encore," dit Bill.
"Ouais?" Tom se pencha en avant et Bill hocha la tête. Leurs lèvres se connectèrent, avec plus d'envie cette fois, et Tom fit glisser ses mains jusqu'en bas du dos de Bill, juste au dessus de sa taille. Bill haleta et tomba en avant, ouvrant la bouche pour inviter la langue de Tom d'y entrer. Il ferma les yeux lorsqu'il se rappela que les gens à la télé le faisaient aussi, et il leva la tête pour que leurs lèvres s'alignèrent mieux. Tom lécha doucement l'intérieur de la bouche de Bill et Bill trembla, fronçant le nez et souriant.
"Tomi," chuchota Bill. "Comment tu sais qu'ils faisaient ça aussi?"
"Je sais pas, j'avais envie de le faire," répondit Tom doucement. "Encore?"
"Oui."
Bill se rapprocha encore plus, son torse tout contre celui de Tom, et Tom agrippa les cuisses de Bill. Ils n'avaient jamais été aussi proches et intimes et c'était à la fois exhilarant et terrifiant. Tom suça la langue de Bill dans sa bouche et Bill soupira, ses paupières clignotant rapidement. "Uh, Tom."
"Qu'est-ce qu'il y a?"
Bill sourit et enroula ses bras autour des épaules de Tom, enfouissant son visage dans le cou de Tom. "Ca," dit-il, "c'est comme ça qu'on devrait s'embrasser à partir de maintenant."
Tom se recula et prit le visage de Bill entre ses mains. "J'ai changé d'avis," dit-il calmement. "Seulement toi. Je ne veux embrasser personne d'autre comme ça. Juste toi."
"Bien." Bill afficha un large sourire et essuya sa bouche. "C'est un peu sale," dit-il. Tom rit et embrassa Bill à nouveau, mouillant les lèvres de Bill avec sa langue. "Ugh, t'es sale, Tomi." (j'ai traduit "messy" par sale, je n'ai rien trouvé de mieux :s... si qq a une proposition...)
Tom se retira et sourit en se léchant les lèvres. "J'aime bien quand c'est sale." Leurs mains se joignirent et ils restèrent assis en silence.
"Putain, j'adore t'embrasser," dit Bill.
"Et tu m'aimes toujours, putain?" demanda Tom.
Bill hocha la tête. "Putain, oui."
"Tant mieux, putain," dit Tom.
Bill rit. "Je veux continuer à regarder ce putain de film."
"Tu veux du putain de pop-corn?"
Ils se levèrent et cognèrent leurs épaules. "Après toi, putain."
"Putain de Bill."
"Putain de Tomi."
Ils s'arrêtèrent devant la porte de la cuisine et leurs lèvres se joignirent, mouillées et chaudes.
**
Bill soupira profondément. Il replia ses jambes plus près de son corps et profita de la chaleur à côté de lui. Il sentit des mains glisser le long de ses bras, essayant de le calmer. Bill se tourna, allongé sur le dos, et sourit à son frère.
"Tu bouges trop," chuchota Tom.
"Je suis pas fatigué," répliqua Bill, pressant leurs nez l'un contre l'autre. Il embrassa doucement les lèvres de Tom, léchant les contours de sa bouche. Ca faisait plus d'un mois qu'ils avaient commencé à s'embrasser autrement qu'avant, et ils dormaient presque toujours ensemble.
"Tu ferais mieux de d'être fatigué," dit Tom. "Je t'ai vu dormir en cours de Français."
"Il est trop nul ce cours."
Ils rigolèrent tous les deux. Tom enroula ses bras autour de la taille de Bill et appuya son visage contre l'épaule de Bill. "Ouais, il est nul ce cours."
Bill gigota encore, se tournant sur le côté, face à Tom. "Bisou de cinéma," dit-il.
Tom sourit et embrassa Bill fermement, lentement, caressant son dos. Bill couina sous l'emprise de Tom et sentit ses orteils se crisper.
"On devient vraiment doués," dit Bill en se lovant contre Tom. "Tu aimes?"
Tom pinça le bras de Bill. "A ton avis?"
"Je sais pas," dit Bill en souriant. Tom le pinça à nouveau et puis le poussa sur le dos. Il se pencha au-dessus de Bill et l'embrassa profondément. Ils adoraient ce jeu, il aimaient les sensations douces et chaudes dans leurs ventres. Ils étaient encore un peu trop jeunes pour comprendre ce qu'ils ressentaient, ce qu'ils faisaient.
Tout ce qu'ils savaient, c'est qu'ils aimaient ça et qu'ils ne pouvaient pas le dire à leur mère. Elle ne pouvait jamais savoir.
"Tomi," chuchota Bill, sentant Tom bouger contre son corps chaud. "Tom, arrête."
"Quoi?"
Bill leva le regard vers Tom, les yeux écarquillés. Il avait très chaud au ventre, et ses orteils se crispaient presque douloureusement à cause de cette délicieuse sensation. "Je sais pas." Il se glissa sur le côté. "Allonge-toi à côté de moi, juste là."
Tom se sentit confus et son propre estomac papillonnait, mais il s'abaissa et posa un bras sur la taille de Bill. "Ca c'était bizarre."
"Je crois que je suis fatigué maintenant," dit Bill avec un petit sourire, et entrelaça ses doigts avec ceux de Tom. "Mon ventre était tout bizarre à cause de toi."
"Je crois que c'est une bonne chose." Tom embrassa la mâchoire de Bill. "J'ai eu la même chose à cause de toi."
"On dirait que j'allais être malade."
"Dans le bon sens?"
"Je sais pas," dit Bill. "Y a tout qui picote."
Tom hocha la tête, repoussa ses cheveux hors de son visage et se rapprocha de Bill. "J'espère que ça ne t'a pas fait mal au moins."
Bill embrassa Tom et ferma les yeux. "Mm, nan. Ca m'a fait tout bizarre, c'est tout."
Tom sourit dans l'obscurité. "Assez bizarre pour partir?"
"Tu rigoles. Pas moyen. Jamais."
Tom se relaxa sur le matelas, laissant échapper un long soupir, essayant de calmer ses membres excités. "Bonne nuit, Bill."
"Bonne nuit."
12 Ans
Simone était en train de faire la vaisselle un après-midi, attendant que les jumeaux rentrent de l'école. Elle était tendue, et se concentrait sur l'eau chaude qui coulait sur les assiettes. Son esprit était troublé car elle devait parler aux garçons. Ca lui faisait de la peine parce qu'elle savait que n'importe quels garçons de douze ans seraient ravis à la perspective de ce qu'elle allait leur dire, mais Bill et Tom...
Elle repensa aux années qui venaient de s'écouler, les choses qu'elle avait vues par accident. Ce n'avait pas été entièrement alarmant, mais elle savait que quelque chose était étrange.
Ceci était la seule façon qu'elle avait trouvé pour les contrôler, contrôler ce qu'ils faisaient ou ne faisaient pas.
Comme sur un signal, la porte s'ouvrit et les garçons entrèrent en trombe, se tenant la main et cognant leurs épaules.
"Les garçons?"
Tom lâcha immédiatement la main de Bill et baissa le regard.
Simone leva un sourcil et coupa l'eau. "Asseyez-vous une minute."
Ils s'assirent tous les deux, l'air un peu morne, comme s'ils savaient ce qui allait se passer. "Je tenais juste sa main," dit Tom, sans regarder Simone. "Personne n'a vu."
Simone secoua la tête. "Ce n'est pas de ça que je voulais vous parler."
Tom semblait pousser un soupir de soulagement. "Quoi?"
Bill donna un coup de pied dans la chaise de Tom. "Ouais, on va avoir des problèmes?"
"Non, c'est une bonne nouvelle," dit-elle, s'efforçant de garder un ton positif. "Gordon et moi avons décidé que, vu que vous grandissez tellement vite, vous auriez peut-être besoin de votre espace personnel."
"Non," dit Tom immédiatement, avant même que Simone puisse continuer.
"Quoi?" demanda Bill. Il n'avait visiblement pas compris où Simone voulait en venir.
"Elle veut nous séparer," dit Tom. Bill saisit la main de Tom sur la table et fixa Simone durement.
"On pense simplement qu'il est temps pour vous d'avoir votre propre chambre, c'est tout," dit Simone. "Vous n'avez rien fait de mal."
"Je ne veux pas une chambre pour moi tout seul," dit Bill. "J'aurai peur."
"Tu es trop âgé pour avoir peur," dit Simone, glissant sa main sur la table pour serrer les mains de ses garçons. "Vous avez besoin de votre espace personnel."
"Je ne veux pas être loin de Bill," dit Tom avec véhémence. Il éloigna sa main de celle de Simone. Simone retira sa main, la regarda et sentit son c½ur se briser un peu. Tom lui lançait un regard mauvais, la regardant comme il regardait son père quand il venait à l'improviste pour les emmener au cinéma ou au restaurant.
"On est bien ensemble," dit Bill. Il n'y avait pas de colère dans sa voix contrairement à Tom, juste de la douceur et du calme.
Simone soupira. "Ce n'est pas votre décision, les garçons."
"Pourquoi?" dit Tom. "C'est notre chambre, c'est mon frère!"
"Ne me parle pas sur ce ton, Tom," le prévint Simone.
Tom se leva et sa chaise se renversa bruyamment. "Pourquoi est-ce que tu essaies toujours de nous séparer? Pourquoi est-ce que tu nous regardes toujours comme ça?"
Simone eut mal au c½ur pour Tom. "Tom, vous n'avez rien fait de mal."
"Alors pourquoi est-ce que tu nous obliges?" cria Tom. Il croisa les bras et refusa de la regarder.
"Vous avez douze ans et on a assez de place libre," fut tout ce que Simone put dire.
"C'est parce que je dors avec lui?" demanda Bill avec une petite voix. "Parce que je ne le ferai plus. C'est promis."
Simone ne voulait pas en parler. "Non, Bill, ce n'est pas à cause de ça."
"Parce que j'ai peur," dit Bill. "J'entends des bruits et je ne veux pas être seul. Parfois je crois que quelqu'un entre dans la maison. Parfois je crois que c'est Papa qui revient... pour nous emmener." Des larmes apparurent dans les yeux de Bill et Simone alla vers lui et l'enlaça du mieux qu'elle le put. Avec tristesse, elle se dit qu'elle ne le faisait pas aussi bien que Tom.
On aurait dit que Bill ne voulait plus être enlacé par elle, il avait changé.
"Ce soir," dit Simone doucement. "Ce soir Bill déménage dans la chambre d'amis. C'est juste en face de ta chambre, vous serez toujours proches."
Tom avait toujours un regard mauvais, et Bill se dégagea de l'étreinte de sa mère et alla s'asseoir près de Tom. "Maman," dit Bill. "Je veux pas faire ça."
"Gordon s'occupera des meubles, comme la commode et ton lit," continua Simone, faisant de son mieux pour ignorer les gémissements sourds de Bill. "Il y a des caisses en carton dans le garage dans lesquels tu pourras mettre tes affaires."
"Fait chier," dit Tom.
"Tom," prévint Simone. Elle soupira. "Billou, tu pourras décorer ta nouvelle chambre comme tu le voudras."
"Je le ferai jamais," arriva à dire Bill, pleurant légèrement. Lui et Tom se tenaient à nouveau la main. Simone ne l'avait même pas remarqué.
Simone secoua la tête et se leva. "Je vais vous laisser vous calmer. Et... essayez de voir ça comme une chose positive, parce que ça l'est. Tout le monde a besoin d'espace."
"Je veux l'espace de Tom," marmonna Bill.
"Tu l'auras, t'en fais pas," dit Tom calmement.
"Non," dit Simone avec force. "Ca ne peut plus continuer ainsi. Vous aurez chacun votre chambre, point final. Les cartons sont dans le garage. Vous devriez remplir l'un d'entre eux avec les vêtements et objets dont vous ne voulez plus, d'accord?"
"Est-ce qu'on doit mettre nos affaires dans des cartons séparés aussi?" demanda Tom. "Est-ce qu'on doit prendre le bus séparément pour aller à l'école? Est-ce qu'on doit s'asseoir à deux tables séparées pour manger?"
Simone en avait assez. "Tom Kaulitz, va dans ta chambre et commence à ranger, maintenant."
Tom tapa du pied, montrant bien son âge, en entraîna Bill avec lui vers les escaliers.
"Bill, reste ici," dit Simone sur un ton ferme. Bill regarda Tom et puis Simone, son visage empreint de confusion.
"Tu peux aller où tu veux," dit Tom. Il serra la main de Bill avec force.
"Bill," le prévint-elle. Elle perdait le contrôle et elle n'aimait pas ça.
A sa grande surprise, Bill secoua la tête, lui désobéit et courut vers les escaliers avec Tom. Elle s'assit à nouveau et mit sa tête entre ses mains.
Quand avait-elle perdu autant le contrôle?
Elle soupira profondément. Peut-être qu'elle n'avait jamais eu le
contrôle.
**
Bill entendit les escaliers grincer et se tendit. Il était allongé seul dans son lit dans sa nouvelle chambre. Il faisait si noir dans sa chambre, beaucoup plus que dans son ancienne chambre.
"Maman?" demanda-t-il en se mordant la lèvre. Personne ne répondit. Les escaliers grincèrent à nouveau. Il n'y arrivait pas.
Il sortit de son lit, se sentant un peu honteux, et se glissa vers la porte de la chambre de Tom. Il la fixa. Leur mère avait dit qu'ils ne pouvaient pas partager la même chambre, mais elle n'était pas là en ce moment.
Bill ouvrit la porte. "Tom?"
Tom se dressa dans son lit. "Bill?"
"Est-ce que je peux-"
"Bien sûr." Tom était déjà en train d'abaisser les couvertures et de faire de la place. "Je pensais que tu ne viendrais pas."
"Je n'arrivais pas à dormir," dit Bill. "Je ne peux pas rester, Tom."
"Tu dois rester," dit Tom doucement. "Allez, reste."
Bill secoua la tête, restant près de la porte. "T'as pas idée à quel point j'en ai envie."
"Maman et Gordon partagent la même chambre."
"Ils dorment dans le même lit," dit Bill lentement. "Et alors?"
Tom se pencha en avant, les draps retombant sur ses genoux. "Je t'aime, Bill, et tu dois rester ici avec moi."
Bill se mordit la lèvre. Il fit quelques pas en avant. "Je t'aime," chuchota-t-il.
Tom sourit. Il sentit son estomac bouillonner d'excitation. "Je veux te sentir."
"Quoi?" demanda Bill, choqué.
"Toi pas?"
"Ben, si," dit Bill, se sentant rougir. Il avançait doucement vers Tom, même s'il savait qu'il ne devrait pas. "Tellement que ça fait mal."
Tom prit la main de Bill et l'attira vers lui. "Viens."
"Maman a dit..."
"Elle n'a pas besoin de savoir," dit Tom doucement. "Elle ne doit jamais savoir."
"Elle va le découvrir et ça va devenir encore pire," répliqua Bill en grimaçant. Il s'assit sur le lit et se pencha vers son frère. "Je déteste ça."
"Reste, c'est tout," chuchota Tom, allongeant Bill à côté de lui. "Ca va aller, je suis avec toi."
"Promis?"
"Ouais."
Bill sourit et se pelotonna contre son frère, fermant les yeux. "J'ai peur," murmura-t-il. Et c'était vrai. Mais il n'avait plus peur des monstres sous son lit ou des trolls dans son armoire. Il était terrifié à l'idée que leur mère les surprenne. Et encore plus terrifié à l'idée d'être séparé de Tom.
Tom embrassa la nuque de Bill, sentant les muscles tendus. "Ca va aller," dit Tom à l'oreille de Bill. "Mais ne dis rien à Maman."